Port-au-Prince, le 27 août 2025.- En Haïti, les autorités font face à une recrudescence alarmante de fraudes liées aux cartes d’identité. Des documents falsifiés, réalisés à l’aide de logiciels de retouche et imprimés sur du PVC, circulent largement et servent à des transactions financières, des transferts d’argent, voire à des actes électoraux, mettant en péril la stabilité économique et démocratique du pays.
Malgré l’introduction en 2017 de la Carte d’Identification Nationale Unique (CINU), dotée d’une puce électronique pour en garantir l’authenticité, la majorité des institutions ne disposent pas des outils nécessaires pour vérifier sa validité. Ainsi, banques, maisons de transfert et administrations publiques traitent souvent ces cartes sans contrôle rigoureux.
Le directeur technique de l’Office National d’Identification (ONI), Reynaldo Camilus, confirme que des cas d’usurpation d’identité sont signalés régulièrement, notamment lorsque deux personnes utilisent le même numéro d’identification pour obtenir un passeport. Une enquête d’Ayibopost révèle même l’existence de cartes contrefaites utilisées pour des démarches officielles, bien que des vérifications élémentaires puissent en déceler les failles.
Par ailleurs, le système électoral haïtien reste vulnérable. Le défaut d’enregistrement des décès maintient sur les listes électorales des noms de personnes décédées, ouvrant la voie à des votes frauduleux dans un contexte où la participation électorale dépasse rarement 20 %.
L’ONI, rarement sollicité pour authentifier les cartes, et l’absence d’équipements comme les lampes UV dans les institutions, laissent le champ libre à la falsification, fragilisant davantage la crédibilité des scrutins.
W. E.



























