Port-au-Prince, le 13 février 2026.- En 2025, 906 enfants haïtiens ont été enrôlés par des groupes armés, soit trois fois plus qu’en 2024, selon Salwa Moussa, responsable de la communication de l’UNICEF Haïti, contactée le 12 février 2026 par Port-au-Prince Post.
Ces mineurs, parfois âgés de 10 à 13 ans, abandonnent l’école pour assurer des tâches logistiques et sécuritaires au sein des gangs : surveillance de zones contrôlées, transport de munitions, rôle d’éclaireurs, voire manipulation d’armes.
L’augmentation du phénomène s’explique par l’expansion des groupes armés, l’effondrement des services publics et la précarité extrême des familles. Dans plusieurs quartiers, les gangs se substituent à l’État et offrent argent, protection ou nourriture en échange d’obéissance. Un adolescent rencontré à Delmas affirme avoir été recruté à 11 ans en échange d’un téléphone et de 5 000 gourdes.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent un système d’exploitation structuré, où l’enfance devient une ressource. Malgré les programmes de prévention et de réinsertion menés par l’UNICEF et ses partenaires, les moyens restent insuffisants face à l’ampleur de la crise.
Au-delà des statistiques, cette dynamique compromet durablement l’éducation, la stabilité sociale et les perspectives de reconstruction du pays.
W.E.

























