Home Company Accès à l’eau potable : les femmes en première ligne d’une crise...

Access to drinking water: women at the forefront of a silent global and local crisis

©️photo : UN

Le rapport 2026 des Nations Unies, coordonné par l’UNESCO, révèle une réalité alarmante : 2,1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau sécurisée. En Haïti, cette crise prend une dimension critique où les défaillances structurelles et le coût exorbitant de l’eau pèsent lourdement sur les femmes et les enfants.

Paris, le 5 avril 2026.- L’accès à l’eau potable reste un défi majeur à l’échelle mondiale, mais ses conséquences ne sont pas équitablement réparties. Selon le dernier rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, les femmes et les filles sont les premières victimes de la précarité hydrique, consacrant chaque jour 250 millions d’heures à la collecte de cette ressource.

Le calvaire quotidien en Haïti : au-delà des statistiques

En Haïti, la réalité dépasse les chiffres globaux. Dans de nombreuses zones, tant rurales qu’urbaines, l’accès aux réseaux de la DINEPA (Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement) est quasi inexistant. Cette absence de service public force les ménages à se tourner vers un marché informel non régulé.
Le coût de l’eau est devenu un fardeau financier insupportable. Dans certains quartiers, le prix d’un simple recipient d’eau oscille entre 25 et 35 gourdes, une dépense colossale pour les familles les plus pauvres.

Un danger sanitaire invisible : sachets et bouteilles « non potables »

Faute d’infrastructures, une grande partie de la population consomme de l’eau vendue en sachets ou en bouteilles par des entreprises privées. Cependant, une étude menée entre août 2025 et janvier 2026 par le Ministère du Commerce, révèle une situation sanitaire alarmante: sur 109 échantillons analysés (sachets, bouteilles et kiosques), 92% de l’eau de consommation vendue, présente une contamination bactérienne.

Le manque de contrôle de qualité et de normes d’hygiène dans le traitement expose les consommateurs, particulièrement les femmes et les jeunes enfants, à des maladies hydriques graves (choléra, typhoïde, diarrhées chroniques).

Un manque d’information fatal

L’inégalité est aussi informationnelle. De nombreuses femmes, piliers de la gestion domestique, ne disposent pas des connaissances nécessaires pour traiter l’eau à domicile (chloration, ébullition, filtration). Ce déficit d’éducation sanitaire, combiné à la rareté de la ressource, crée un cercle vicieux de maladies qui freine le développement communautaire.

Des conséquences sociales dévastatrices

Cette contrainte impacte directement :

  • L’éducation : Les filles, chargées de la corvée d’eau, ratent souvent l’école.
  • L’économie : Le budget familial est aspiré par l’achat d’eau au prix fort.
  • La santé : Les femmes sont les plus exposées aux infections dues à une hygiène précaire.

Urgence d’agir

Face à cette situation, des actions urgentes doivent se faire sentir: promouvoir une gouvernance inclusive, intégrer les questions de genre dans les politiques publiques et surtout, renforcer les capacités de la DINEPA pour garantir une eau de qualité et abordable.

Garantir un accès équitable à l’eau ne relève pas seulement d’un impératif technique, mais d’un enjeu de justice sociale, de santé publique et d’égalité des chances pour le peuple haïtien.

W.A.