Artibonite, le 23 juillet 2025.- Trois policiers de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO) ont été tués mardi lors d’une embuscade à Liancourt, dans l’Artibonite. Un autre agent est porté disparu, un cinquième a réussi à s’échapper, et un informateur de la Police a également été tué. Les assaillants ont fait tomber leur véhicule blindé dans une fosse avant de l’incendier.
Dans le département de l’Artibonite, la Police continue d’enregistrer des défaites. Dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux, des bandits de Liancourt exposent les corps des policiers, montrent leurs armes et défient l’Institution Policière en humiliant leurs cadavres.
La PNH a une nouvelle fois condamné cet acte barbare, exprimé ses condoléances et promis de renforcer ses opérations contre les gangs dans l’Artibonite, avec une riposte ferme, selon une note de la Coordination de Presse et des Relations Publiques de la PNH (CPRP/PNH).
L’Artibonite, un défi de longue date
Entre 2015 et 2017, de nouveaux gangs comme Gran Grif et Kokorat San Ras ont émergé en Haïti, soutenus par des candidats lors des élections législatives de 2015. Le retrait des troupes de la MINUSTAH des Gonaïves en 2017 et la faiblesse des forces policières ont favorisé leur expansion, notamment dans les zones rurales du Bas-Artibonite.
Face à cette montée de la violence, les populations rurales ont créé des groupes d’autodéfense pour se protéger, notamment à Jean Denis contre le gang Gran Grif. L’insécurité a augmenté jusqu’en 2020, avant de connaître une accalmie début 2021, après la mort du chef de Gran Grif, Odma Louissaint.
Malgré l’arrivée de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS) en 2024, la situation ne s’est pas améliorée. Les gangs se sont renforcés dans le département. En mars dernier, à Savien, lors d’une opération de sauvetage, une embuscade tendue par des gangs a coûté la vie à un policier kenyan, portant à deux le nombre de morts kenyans en Haïti depuis juin 2024. Trois véhicules blindés ont également été incendiés lors de cette attaque contre la force multinationale dirigée par le Kenya et la PNH.
Hier encore, à Liancourt, les malfrats ont frappé, mais les réponses proportionnelles se font toujours attendre. Par ailleurs, dans les communes de Marchand-Dessalines et Liancourt (Artibonite), 14 885 personnes, soit 3 425 ménages, ont été déplacées, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Environ 80 % d’entre elles ont trouvé refuge dans d’autres localités de Marchand-Dessalines, notamment dans la 4ᵉ section communale de Poste Pierrot.
Enfin, le porte-parole adjoint de la PNH, Lionel Lazarre, a confirmé que la situation à Liancourt est désormais sous contrôle des policiers. Le Commandant en chef a.i de la PNH, M. Rameau Normil, a ordonné l’intensification des opérations contre les gangs dans la région jusqu’à leur élimination complète.
W. E.



























