Me Samuel Madistin
Port-au-Prince, le 17 janvier 2026.- Le décret publié par le Conseil présidentiel de transition (CPT) sur l’organisation et le fonctionnement de la Haute Cour de Justice suscite une vive controverse. Invité ce samedi 17 janvier sur les ondes de Radio Magik 9, l’avocat et défenseur des droits humains, Me Samuel Madistin y voit une tentative déguisée d’auto-amnistie destinée à protéger les membres du pouvoir de transition à l’approche de l’échéance du 7 février 2026.
Selon Me Samuel Madistin, le décret, publié dans Le Moniteur le 23 décembre dernier, est présenté comme un instrument de lutte contre l’impunité, mais il produit l’effet inverse. En subordonnant les poursuites contre les hauts fonctionnaires à l’intervention d’un Sénat inexistant, le texte écarte les juridictions ordinaires et rend pratiquement impossibles toute action judiciaire liée à la corruption ou à la mauvaise gestion durant la transition.
L’avocat estime que le CPT outrepasse gravement ses prérogatives constitutionnelles. « L’amnistie relève exclusivement du Parlement. L’exécutif ne peut ni effacer des infractions ni suspendre des poursuites », a-t-il martelé, qualifiant le décret d’inconstitutionnel et d’illégal. Il souligne également que cette initiative viole les engagements internationaux d’Haïti, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption, qui impose la poursuite effective des agents publics sans distinction de rang.
Me Madistin met enfin en garde contre les conséquences diplomatiques et financières d’un tel texte, évoquant le risque d’un isolement international et d’un classement d’Haïti sur la liste noire du GAFI. Il appelle les institutions judiciaires, l’ULCC et l’UCREF à refuser d’appliquer ce décret, qu’il considère comme un simple acte administratif sans force de loi, et exhorte le prochain gouvernement à l’abroger afin de rétablir les conditions d’une véritable reddition de comptes.
W. A.


























