Accueil Politique Crise nationale : des syndicalistes accusent des élites d’orchestrer le chaos

Crise nationale : des syndicalistes accusent des élites d’orchestrer le chaos

Les syndicalistes Jacques Anderson Desroches et Garry Lapierre•©️RTG18


Port-au-Prince, le 23 août 2025.- Invités à l’émission Rendez-vous syndical sur la Radio-Télé Ginen, plusieurs leaders syndicaux ont dénoncé, ce samedi 23 août, avec force la responsabilité de certains groupes influents dans la crise sécuritaire et économique actuelle. Ils accusent des membres du secteur privé et des acteurs politiques d’alimenter l’instabilité pour protéger leurs intérêts, au détriment de la population.

Jacques Anderson Desroches, coordonnateur général de l’ASTM, a affirmé que « le pays n’est pas fermé » mais que « le chaos sécuritaire est le résultat d’une politique planifiée par un petit groupe ». Illustrant ses propos, il a pointé la disparité du prix du carburant entre la capitale et le Sud, où il est quatre fois plus élevé, qu’il attribue à la mainmise de certains acteurs du secteur privé.
Selon lui, cette lutte de classe frappe particulièrement le transport : « L’aérien fonctionne, mais le terrestre est pratiquement inexistant, car les gangs, sous les ordres de leurs patrons, bloquent presque toutes les routes nationales », a-t-il dénoncé.

De son côté, Garry Lapierre, président du syndicat du personnel du MENFP, a livré des révélations explosives. Il accuse certains agents de sécurité du ministère de se comporter en « super chefs », au point d’empêcher le ministre Antoine Augustin de transférer un chef de service. Plus grave encore, il a affirmé qu’un ancien chef de gang, qui contrôlait autrefois le marché Salomon avant d’être tué lors d’un affrontement avec la police, était en réalité un agent de sécurité du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle.

Pour sa part, Fritz Charles, coordonnateur général adjoint du FNSH, estime que les autorités actuelles n’ont pas la capacité ni la volonté de saisir l’ampleur de la crise. « Leur unique objectif reste de s’enrichir », a-t-il martelé.

Ces prises de position mettent en lumière une inquiétude croissante au sein des syndicats : la crise haïtienne ne serait pas seulement le fruit de la violence des gangs, mais aussi le résultat d’un système entretenu par certaines élites pour maintenir leurs privilèges.

W. A.