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Crise institutionnelle : Voltaire et Leblanc Fils justifient la décision de changer le Premier ministre

Les Conseillers présidents Edgard Leblanc Fils et Leslie Voltaire

Port-au-Prince, le 23 janvier 2026.- En pleine crise politique et dans un climat de confrontation ouverte avec l’équipe du Premier ministre en place, les conseillers-présidents Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils ont tenu, ce vendredi 23 janvier, une conférence de presse conjointe à la Villa d’Accueil. Ils ont annoncé que la majorité des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) a décidé d’évincer l’actuel Premier ministre pour le remplacer provisoirement par un ministre du gouvernement, pour une durée maximale de 30 jours, en vue de faciliter une large concertation nationale devant aboutir à la mise en place d’un nouvel exécutif après le 7 février.

Le CPT revendique son droit de changer le chef du gouvernement

Lors de cette conférence de presse, Leslie Voltaire, membre influent du CPT, accompagné d’Edgard Leblanc Fils, a rappelé que c’est le Conseil présidentiel qui avait nommé l’actuel Premier ministre Fils-Aimé. À ce titre, a-t-il souligné, il relève de leur responsabilité institutionnelle de veiller à l’installation d’un nouveau gouvernement, d’un nouveau Premier ministre et d’une nouvelle présidence après l’échéance du 7 février.

Selon Leslie Voltaire, cette décision s’inscrit dans une volonté de promouvoir une solution haïtienne à la crise, malgré l’appui de la communauté internationale. Il a indiqué que le CPT a toujours accepté les apports internationaux, notamment en matière de lutte contre l’insécurité et les gangs, tout en affirmant la nécessité pour les Haïtiens de récupérer une part de leur souveraineté politique et institutionnelle.

Incapacité du gouvernement actuel mise en cause

Le conseiller-président a également mis en cause la capacité du Premier ministre sortant à rassembler les forces politiques et sociales du pays autour d’une gouvernance acceptable et d’un projet sécuritaire crédible. Après plus d’un an d’accompagnement, le CPT estime que l’actuel chef du gouvernement n’est pas en mesure de répondre aux exigences du moment, justifiant ainsi la décision de le remplacer.

Une transition encadrée par la collégialité et la majorité qualifiée

De son côté, Edgard Leblanc Fils a insisté sur le caractère collégial et légal de la décision. Il a précisé que celle-ci a été prise conformément aux articles 11 et 22 régissant le fonctionnement du CPT, par une majorité qualifiée des conseillers-présidents. Le nouveau Premier ministre intérimaire, issu du gouvernement actuel, aura pour mission principale de faciliter, dans un délai de 30 jours, une large concertation réunissant partis politiques, organisations de la société civile, secteurs religieux et autres forces vives de la nation.

L’objectif, selon Edgard Leblanc Fils, est de parvenir à un accord politique permettant de franchir le cap du 7 février, de rétablir la sécurité, de corriger les erreurs du passé et d’engager le pays sur la voie de la stabilité et du développement.

W. A.