©️Compte Facebook de Me Pierre-Louis
Port-au-Prince, le 2 septembre 2025.- Réuni avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé le lundi 1er septembre, le Barreau de Port-au-Prince a fermement exprimé son opposition à l’avant-projet de nouvelle Constitution, dénonçant un texte élaboré “en catimini” et dépourvu de légitimité. Les avocats plaident pour une conférence nationale et rejettent toute tentative de “coup d’État constitutionnel”.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rencontré le bâtonnier de l’ordre des avocats du Barreau de Port-au-Prince, Me Patrick Pierre-Louis, et des membres de la commission chargée d’analyser l’avant-projet constitutionnel. Le chef du gouvernement a reconnu la difficulté d’organiser des élections sur la base de l’actuelle Constitution, estimant qu’une réforme était indispensable pour éviter une crise plus profonde.
Cependant, les représentants du Barreau ont exprimé de sérieuses réserves. Selon eux, toute réforme doit se faire dans le respect des normes juridiques et ne peut être imposée sans l’adhésion populaire. “À moins que la population elle-même ne décide d’un changement, il est inacceptable de contourner la légalité”, ont-ils insisté.
Invité le lendemain, soit ce mardi, à l’émission Panel Magic, le rapporteur de la commission du Barreau, Me Josué Pierre-Louis, a confirmé que les avocats n’avaient pas reçu le texte définitif de l’avant-projet, même lors de leur rencontre avec le Premier ministre. Il dénonce un processus opaque : “Nous sommes face à un texte élaboré en catimini.”
Pour Me Pierre-Louis, la question centrale est celle de la légitimité. “Un gouvernement de transition ne peut pas engager seul une telle démarche. Il aurait dû convoquer une conférence nationale réunissant toutes les forces vives afin de créer une assemblée constituante”, a-t-il soutenu, allant jusqu’à qualifier l’initiative des autorités de tentative de “coup d’État constitutionnel”.
W. A.
























