Accueil Politique Corruption, trahison et échec du CPT : Montana réclame une rupture politique

Corruption, trahison et échec du CPT : Montana réclame une rupture politique

Jacques Ted Saint-Dic de l’Accord de Montana

Port-au-Prince, le 21 janvier 2026.- Dans une intervention dense et sans concession sur les antennes de Magik 9, Jacques Ted Saint-Dic, figure de l’Accord de Montana, a dressé un diagnostic sévère de la transition politique en cours. Il dénonce l’échec du CPT, la persistance des logiques de trahison politique, l’inefficacité des médiations internationales et réaffirme la nécessité d’une alternative politique fondée sur une large base sociale, un organe de contrôle de la transition et un mécanisme politique de désignation des autorités, en dehors des schémas institutionnels traditionnels.

Un constat d’échec du CPT et des promesses non tenues

Jacques Ted Saint-Dic estime que les promesses liées à la fin de mandat et aux délais annoncés autour du 7 février n’ont pas été respectées. Selon lui, les acteurs actuellement au pouvoir ont montré leur incapacité à proposer une sortie de crise crédible, malgré une année entière de discours justifiant la pertinence du Conseil présidentiel de transition (CPT). Il souligne que cette incapacité alimente la défiance populaire et confirme l’échec du modèle imposé.

Corruption, trahison et rupture avec le peuple

L’intervenant met en avant trois maux structurels : la corruption, la trahison politique et la confiscation du pouvoir. Il rappelle que ces pratiques se font au détriment du peuple haïtien, dans un contexte marqué par une profonde souffrance sociale. Il insiste sur le fait que ces dérives avaient été annoncées et dénoncées depuis plus d’un an par des secteurs organisés, notamment au sein de Montana, mais que ces alertes ont été ignorées.

Médiations internationales : abondance de propositions, absence de solution

Jacques Ted Saint-Dic rappelle que près d’une soixantaine de propositions politiques ont été soumises à des instances telles que la CARICOM, l’OEA et le BINUH. Malgré cette abondance d’initiatives, aucune n’a permis de résoudre la crise.
Il critique une approche internationale qui tend à reproduire les mêmes schémas politiques et les mêmes acteurs, sans rupture réelle avec les causes profondes de la crise.

La crise est d’abord politique

Pour le représentant de Montana, la crise haïtienne est avant tout politique, bien qu’elle se manifeste aussi sur les plans économique et social. Elle ne peut donc être résolue par des solutions purement institutionnelles ou juridiques.
Il rejette l’idée d’appliquer mécaniquement des procédures étatiques classiques dans un contexte où l’État est profondément fragilisé.

La proposition de Montana : une transition contrôlée par une force sociale

L’Accord de Montana propose une alternative fondée sur la construction d’une large force sociale capable d’orienter et de contrôler la transition. Au cœur de cette démarche figure la mise en place préalable d’un organe national de contrôle de la transition, composé de représentants des départements, des secteurs professionnels, de la société civile et de la diaspora.

Cet organe aurait pour mission :

de contrôler l’action du gouvernement de transition;

d’assurer la transparence politique, économique et financière;

de définir un bassin de compétences nationales capables de diriger le pays.

Un mécanisme politique de désignation des autorités

Contrairement aux modèles fondés sur des institutions existantes comme l’OPC ou la Cour de cassation, Montana défend un mécanisme politique spécifique, issu du dialogue national.
Ce mécanisme a déjà été expérimenté au sein de l’Accord de Montana pour la désignation de ses instances internes et repose sur la concertation, la représentativité et la légitimité sociale.

Refus des formules bicéphales et des solutions imposées

Jacques Ted Saint-Dic rappelle que les formules bicéphales ont été au cœur des blocages politiques des dernières années. Il plaide pour une architecture politique cohérente, issue d’un consensus national, et non d’arrangements imposés de l’extérieur ou dictés par des intérêts partisans.

W. A.