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Camps en Haïti : des fillettes victimes d’abus et menacées par le VIH

©️ONUFemmes
Port-au-Prince, le 6 septembre 2025.- Au-delà de l’insécurité généralisée, les personnes déplacées internes (PDI) vivant dans les camps de fortune à Port-au-Prince sont confrontées à une recrudescence alarmante de violences sexuelles et à une propagation du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH). Selon plusieurs témoignages, les adolescentes sont les principales cibles des agresseurs, laissant derrière eux traumatismes profonds et infections graves.

Dans un article publié récemment, AyiboPost a relayé le témoignage bouleversant de la mère d’une fillette de 11 ans, violée dans le camp du parti KID, à Bourdon. Après l’agression, l’enfant souffrait de saignements, de douleurs et de fièvre. Les examens médicaux ont non seulement confirmé le viol, mais également révélé qu’elle avait été infectée par le VIH.

Depuis mai 2025, le Comité central du couloir humanitaire de Solino a recensé une dizaine de cas de viols sur mineurs dans plusieurs camps, dont ceux de Bois-Verna, de l’OPC, du KID et de Fusion. Le coordinateur du comité, Genson Jean-Baptiste, évoque l’éventuelle existence d’un réseau pédophile opérant en toute impunité au sein même de ces sites censés offrir refuge.

Le mois dernier, une autre fillette de 11 ans a dénoncé son agresseur dans le camp de l’École nationale de la République de Colombie, à Bourdon. Sa mère affirme que l’enfant vivait sous la menace constante d’hommes présents sur le site. Comme d’autres familles, elles disent être piégées par la pauvreté dans un environnement où les agressions sexuelles, la violence domestique et l’exploitation sont devenues monnaie courante.

AyiboPost appelle les autorités à une prise de responsabilité immédiate. Le journal estime que les violences faites aux enfants, la propagation du VIH et le climat de terreur qui règne dans ces camps ne doivent pas rester impunis. L’État haïtien a l’obligation d’intervenir pour protéger les déplacés, réduire la promiscuité et mettre un terme à ces abus. L’inaction équivaudrait à condamner les plus vulnérables et à compromettre durablement l’avenir du pays.

W. E.