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CAFECLIMAT lancé à l’Université Quisqueya : la science au cœur de la riposte climatique


Le Recteur de l’Université Quisqueya, professeur Jacky Lumarque•©️photo : DOF Communications

Port-au-Prince, le 4 février 2026.- Face à la vulnérabilité croissante d’Haïti aux chocs climatiques, l’Université Quisqueya a lancé, ce mercredi 4 février 2026, le projet CAFECLIMAT. C’est une initiative scientifique et éducative qui vise à mieux comprendre les changements climatiques et à renforcer la résilience du pays. Coordonné par le Dr David Noncent et soutenu par le Fonds BRH pour la Recherche et le Développement, le projet mobilise chercheurs, étudiants et partenaires institutionnels autour d’un même objectif : transformer la connaissance climatique en outil d’action.

L’université comme acteur de transformation

C’est dans cette logique que s’inscrit l’engagement de l’Université Quisqueya. Procédant au lancement officiel du projet, le Recteur, professeur Jacky Lumarque, a souligné le rôle stratégique de l’université dans la production de savoirs utiles à la société. Selon lui, face aux défis environnementaux, l’enseignement supérieur doit dépasser la seule transmission de connaissances pour former des citoyens capables de comprendre, d’analyser et d’agir.

CAFECLIMAT se veut ainsi un pont entre la recherche scientifique et la société, en mettant l’accent sur la vulgarisation, la formation et l’implication active des étudiants.

Comprendre le climat pour anticiper les crises

Prenant la parole lors de la cérémonie, le Dr David Noncent, coordonnateur du projet et membre de l’Équipe de recherche sur les changements climatiques (ERC2), a dressé un tableau préoccupant des effets du dérèglement climatique en Haïti. Il a évoqué la perturbation des saisons agricoles, l’intensification des périodes de sécheresse, la prolifération de maladies affectant les cultures et la dégradation accélérée des sols ; autant de phénomènes qui fragilisent les moyens de subsistance des populations.

Pour le chercheur, ces réalités ne peuvent être comprises sans un regard sur le climat du passé. S’appuyant sur des données paléoclimatiques, il a rappelé que le territoire haïtien connaît, depuis plusieurs siècles, une tendance à l’assèchement, liée notamment aux variations de la zone de convergence intertropicale, un facteur déterminant dans la distribution des pluies dans la région. Une connaissance fine de ces dynamiques, a-t-il insisté, est essentielle pour mieux anticiper les crises futures.

Un appui financier ancré dans les enjeux nationaux

Cet effort académique bénéficie du soutien du Fonds BRH pour la Recherche et le Développement. Représentant la Banque de la République d’Haïti, M. Jean Marie Cayemitte a rappelé que les chocs climatiques ont des répercussions directes sur l’économie nationale, affectant l’agriculture, la sécurité alimentaire et, à terme, la stabilité financière du pays. En soutenant CAFECLIMAT, la BRH entend contribuer à l’émergence de politiques publiques fondées sur des données scientifiques crédibles.

L’environnement au cœur des priorités nationales

Dans le même esprit, le représentant du Ministère de l’environement, M. Godson Joas Preslet Vallon, dans sa prise de parole, a rappelé qu’Haïti figure parmi les pays les plus exposés aux effets du changement climatique. Pour les autorités, investir dans la formation et la sensibilisation des jeunes constitue une condition indispensable à la construction d’une société plus résiliente et tournée vers le développement durable.

Une dynamique ouverte aux partenaires internationaux

L’initiative a également été saluée par la représentante de l’Union européenne en Haïti, Mme Hélène Roos, qui y voit un exemple concret de coopération entre recherche, jeunesse et action climatique. Elle a insisté sur l’importance du rôle des étudiants, appelés à devenir des acteurs clés du changement.

Un projet tourné vers l’action

À travers des activités de recherche, de sensibilisation et de diffusion de connaissances, CAFECLIMAT ambitionne de créer un espace de dialogue permanent entre science, décision publique et société civile. Une démarche qui vise à faire de la compréhension du climat non plus un luxe académique, mais un véritable levier d’adaptation et de résilience pour Haïti.

W. A.