Michel Chataigne et Makendy Smith
Dans un contexte marqué par l’insécurité et la contraction du marché local, Artisanat en Fête, prévu les 20 et 21 décembre chez les Frères de Pétion-Ville, apparaît comme l’un des rares espaces de visibilité et de survie pour les créateurs haïtiens. Invités sur Magik 9 ce jeudi 19 décembre, le styliste Michel Chataigne et Makendy Smith, représentant de la marque “Mak pa nou”, ont dressé un constat sans détour : la créativité est intacte, mais les opportunités de production et de commercialisation se raréfient, étouffées par l’insécurité et la concurrence des vêtements importés à bas prix.
Selon Michel Chataigne, les créateurs haïtiens continuent d’innover malgré des conditions économiques défavorables. Toutefois, la production demeure limitée, faute de débouchés sur le marché local. Il pointe du doigt la présence massive de vêtements étrangers, notamment chinois, vendus à des prix très bas, rendant difficile la compétitivité des créations locales dont les coûts de production ont fortement augmenté avec la cherté des intrants en Haïti.
Le styliste reconnaît également faire face à un manque criant de vitrines commerciales. Il confie ne plus disposer d’espace permanent pour exposer ses créations depuis le déplacement du Mikado, situé sur la route de l’aéroport, contraint de fermer son annexe à cause de l’insécurité. Malgré tout, Michel Chataigne affirme disposer de stocks, notamment des sacs à main produits depuis janvier 2025, qui peinent à trouver preneur.
Un constat similaire est dressé par Makendy Smith, représentant de la marque « Mak pa nou », spécialisé dans la fabrication de sandales en cuir. Participant à Artisanat en Fête depuis 2009, il estime que la situation du secteur artisanal n’a cessé de se compliquer au fil des années, entre baisse du pouvoir d’achat et instabilité sécuritaire.
Makendy Smith lance un appel au public, soulignant que la présence des visiteurs à Artisanat en Fête constitue non seulement un soutien financier essentiel, mais aussi un appui psychologique pour des artisans qui luttent pour continuer à exister et à créer. Pour ces acteurs du secteur, l’événement demeure une vitrine cruciale pour maintenir vivante la création haïtienne, malgré un environnement de plus en plus hostile.
W. A.


























