©️Ambassade d’Haïti en France
Paris, le 18 novembre 2025.- L’Ambassade d’Haïti en France a commémoré, le vendredi 14 novembre, les 222 ans de la Bataille de Vertières à travers une conférence axée sur le devoir de mémoire et la transmission de l’héritage révolutionnaire haïtien. Chercheurs, auteurs et membres de la diaspora se sont réunis autour du thème « Vertières : entre devoir de mémoire et responsabilité des générations actuelles », afin de replacer la victoire du 18 novembre 1803 au cœur des enjeux historiques et contemporains liés à la reconnaissance de l’expérience haïtienne de liberté.
Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadeur Louino Volcy a rappelé la dimension universelle de Vertières, moment charnière dans l’histoire mondiale de l’émancipation humaine. Il a insisté sur la nécessité de maintenir vivante la mémoire des chefs de l’Armée indigène et des soldats qui, par leur victoire, ont mis fin au projet colonial napoléonien dans l’île. Alors que l’année 2025 marque le bicentenaire de la rançon de l’indépendance, il a souligné l’importance de replacer l’histoire haïtienne au centre des récits pour contrer les silences, les marginalisations et les déformations persistantes dans les narrations internationales.
Le Dr Jacques Nési a, pour sa part, invité à dépasser les commémorations ponctuelles pour bâtir une mémoire durable, structurée et institutionnalisée. Il a plaidé pour une intégration plus ferme des dates fondatrices dans les curricula, la création de lieux de mémoire accessibles, et la mise en circulation d’un récit historique apaisé, débarrassé des fractures héritées de l’époque post-indépendance. À ses yeux, Haïtiens du pays et de la diaspora portent une responsabilité partagée : transformer Vertières en un levier pédagogique et citoyen capable d’éclairer les enjeux actuels d’identité, de souveraineté et de cohésion sociale.
L’intervention de Jean-Claude Bruffaerts a apporté un éclairage renouvelé sur les zones d’ombre entourant l’acte de capitulation du 18 novembre 1803, dont l’original demeure introuvable. À partir des versions existantes, il a montré comment certaines narrations historiques ont tenté de réduire l’ampleur de la défaite française. Il a souligné que la victoire haïtienne reposait sur une stratégie militaire élaborée : maîtrise du terrain autour du Cap-Haïtien, manœuvres décisives, alliances tactiques et puissance de coordination de l’Armée indigène.
En clôturant la rencontre, l’Ambassade a réaffirmé que transmettre Vertières, c’est préserver un héritage de dignité, de résistance et de responsabilité civique, rappelant que cette bataille constitue encore aujourd’hui un repère majeur pour la lutte mondiale contre l’esclavage et toute forme d’oppression.



R. J.



























