Port-au-Prince, le 7 février 2026.- 7 février, date hautement symbolique de l’histoire politique haïtienne, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT) sortant, Laurent Saint-Cyr, a prononcé un discours de fin de mandat marqué par un appel à l’unité nationale, à la continuité de l’État et à la tenue d’élections. Dans la foulée, le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, appelé à prendre les rênes du pays, a réaffirmé l’engagement de l’exécutif à agir dans le respect des institutions et de l’intérêt supérieur de la nation. Un Conseil des ministres est prévu dans la journée, suivi d’une adresse à la nation du Premier ministre.
Un discours de sortie sous le signe de la mémoire et de la responsabilité
Dans une allocution dense et solennelle, Laurent Saint-Cyr a rappelé la portée historique du 7 février, date emblématique des luttes démocratiques en Haïti. Revenant sur les décennies de crises politiques, de coups d’État, d’exils forcés et d’affaiblissement institutionnel, le président sortant du CPT a souligné que la transition engagée en 2024 visait avant tout à éviter l’effondrement total de l’État.
Il a défendu la mise en place du Conseil présidentiel de transition comme un exercice difficile mais nécessaire, marqué par la recherche de consensus, la gestion des pressions internes et externes, et la priorité accordée à la sécurité et au processus électoral.
Tout en reconnaissant les limites et les frustrations, Laurent Saint-Cyr a insisté sur les progrès enregistrés, notamment une dynamique sécuritaire plus favorable, le renforcement des opérations de la Police nationale et la reprise du contrôle de certaines zones stratégiques.
Le président sortant a également lancé un appel fort à la jeunesse, à la société civile et aux acteurs politiques pour dépasser les divisions, privilégier l’intérêt national et préparer l’émergence d’une nouvelle classe dirigeante responsable, engagée dans la vie civique et la reconstruction de l’État.
Alix Didier Fils-Aimé : continuité de l’État et respect des institutions
Prenant la parole, le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, a rendu hommage aux membres du Conseil présidentiel de transition pour leur « sens de l’État » et a salué l’attachement de Laurent Saint-Cyr à la stabilité institutionnelle et au principe de continuité de l’État, le qualifiant explicitement d’« homme d’État ».
S’appuyant sur l’article 28.1 du décret de mai 2024 régissant le CPT, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement qu’il dirige prendra les commandes, avec la ferme intention d’exercer les prérogatives de l’exécutif dans le strict respect des institutions républicaines et de l’intérêt supérieur de la nation.
Il a réaffirmé que les priorités restent inchangées : sécurité, gouvernance, dialogue politique et élections, dans un contexte national encore fragile mais porteur d’espoir.
Une journée décisive pour la transition
Un Conseil des ministres est prévu au cours de la journée, marquant le début opérationnel de la nouvelle phase de gouvernance. Le Premier ministre doit s’adresser à la nation en fin de journée, une allocution très attendue qui devrait préciser les orientations politiques immédiates et les prochaines étapes de la transition.
Dans un climat de fortes attentes, cette passation symbolique intervient comme un test crucial de la capacité des autorités à transformer la transition politique en un véritable chemin vers la stabilité démocratique.
W. A.



























