TNH / ULCC : Augustin reconnaît avoir branché plusieurs médias sur le site de Boutilliers lors de son audition

     

    Delmas, le 26 septembre 2025.- Dans le cadre d’une enquête menée par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), l’ancien Directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), Gamall Jules Augustin, a admis devant la commission d’enquête, le 28 août 2025, avoir autorisé la connexion de plusieurs médias privés sur le site de Boutilliers. Il a reconnu la présence des stations Vlaw FM, Banbòch TV, Radio Télé Monopole, Zoom FM et Kingdom FM, selon le rapport d’enquête final de l’ULCC transmis à la justice et présenté à la Presse, ce vendredi 26 septembre 2025, aux locaux de l’institution, à Delmas 83.

     

    L’enquête, déclenchée après une pétition citoyenne, accuse Augustin d’abus de fonction, corruption, détournement de fonds publics et connexion illégale des médias. Selon le rapport de l’ULCC, plus de 5 millions de gourdes ont été détournés sur une courte période, en plus d’un usage abusif des ressources de la TNH. L’ex-administrateur Halem Michel est également visé pour complicité.

     

    La présidente de la Commission de restructuration de la TNH, Sandra Duvivier, avait déjà confirmé, lors de son audition du 29 juillet 2025, l’existence de matériels appartenant à des médias privés sur le site de Boutilliers. Elle avait sollicité l’intervention du juge de paix de Pétion-Ville pour formaliser le constat, et communiqué à la commission sa requête et le procès-verbal de constat.

     

    Lors de son audition, Augustin a cherché à justifier son geste en évoquant une demande de « la propriétaire de la Radio Télé Monopole, Rosemila Petit‑Frère » pour une expertise. Il a précisé qu’un ingénieur nommé Fritz Joachim était impliqué dans le projet et qu’il avait participé à une réunion avec ces protagonistes pour la mise en place de studios.

     

    L’arrestation de l’ex-directeur général de la TNH, Gamall Jules Augustin, par l’ULCC soulève une vive controverse. Son avocat, Me Mario Delcy, dénonce une arrestation illégale, arguant que l’ULCC n’a pas compétence pour priver un citoyen de sa liberté. Il a saisi le juge Bernard Saint-Vil via un recours en habeas corpus. Le juge Bernard Saint-Vil a transmis le dossier au cabinet d’instruction, confiant l’affaire au juge instructeur Étienne Mercier.

     

    Enfin, l’ULCC recommande que l’affaire soit transmise à la justice, tout en suggérant des réformes profondes pour garantir la transparence et la légalité dans la gestion de la TNH.

     

    W. E.