©️photo : OPS
Port-au-Prince, le 2 février 2026.- Trois mois après le passage dévastateur de l’ouragan Melissa, l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) intensifie son soutien pour transformer la réponse d’urgence en une phase de récupération durable. Entre infrastructures sanitaires lourdement endommagées à Cuba et épidémies sous surveillance en Jamaïque, le défi actuel repose sur la reconstruction de systèmes de santé capables de résister aux futurs chocs climatiques.
Un impact sanitaire et matériel sans précédent
L’ouragan Melissa, tempête de catégorie 5, a laissé derrière lui un sillage de destruction en Jamaïque, à Cuba et en Haïti. Avec un bilan tragique de 88 décès et 785 établissements de santé endommagés dont 80 % sur le territoire cubain, la pression sur les infrastructures régionales reste critique. En Jamaïque, malgré la reprise d’activité de 89 % des centres de santé, les grands hôpitaux de référence souffrent d’une surpopulation alarmante, dépassant largement leurs seuils de sécurité. L’OPS a mobilisé plus de 42 tonnes de matériel médical essentiel depuis sa réserve au Panama pour stabiliser la situation et assurer la continuité des soins primaires dans les zones les plus isolées.
La menace épidémiologique et le défi de l’eau
Le retrait des eaux n’a pas signé la fin des risques. En Jamaïque, une épidémie de leptospirose a déjà causé 14 décès, tandis qu’à Cuba, les autorités luttent contre des flambées simultanées de dengue, chikungunya et Oropouche. L’accès à l’eau potable demeure un point de vulnérabilité majeur : à Santiago de Cuba, près de 500 000 personnes dépendent encore de camions-citernes. L’OPS soutient activement le renforcement des laboratoires et le déploiement d’épidémiologistes de terrain pour détecter rapidement les foyers infectieux, tout en investissant dans la lutte antivectorielle pour freiner la propagation des maladies transmises par les moustiques.
Vers une résilience « intelligente » et humaine
Au-delà des bâtiments, l’OPS se concentre sur le capital humain et la durabilité. Plus de 3 000 personnes ont été formées aux premiers secours psychologiques pour soutenir les populations et les travailleurs de la santé, eux-mêmes souvent victimes de la tempête. Un constat d’espoir émerge toutefois de cette crise : les infrastructures construites selon les normes des « Hôpitaux Intelligents » de l’OPS ont subi des dégâts minimes. Ce succès confirme que la stratégie de récupération doit impérativement intégrer des normes de construction résilientes pour garantir que, lors de la prochaine catastrophe, les services de santé restent opérationnels au moment où les populations en ont le plus besoin.
W. A.

























