Accueil Justice Lancement d’une caravane nationale pour réduire la détention préventive prolongée

Lancement d’une caravane nationale pour réduire la détention préventive prolongée

 

Port-au-Prince, le 20 janvier 2026.- Face à une surpopulation carcérale critique et à une justice entravée par des retards chroniques, le Gouvernement a lancé, le lundi 19 janvier en cours, une caravane nationale visant à accélérer le traitement des dossiers de détenus en attente de jugement et à réduire la détention préventive prolongée, une pratique qui fragilise l’État de droit et porte atteinte aux droits fondamentaux.

La phase pilote a démarré au Tribunal de Première Instance (TPI) de Port-au-Prince, avec l’audition en habeas corpus de vingt détenus incarcérés depuis plusieurs années sans jugement, pour des infractions qualifiées de mineures. Cette première étape marque une volonté d’agir concrètement sur des dossiers longtemps restés en souffrance. Les autorités annoncent l’extension progressive de l’opération aux départements de l’Ouest, du Nord et du Sud.

Selon les données communiquées, près de 80 % de la population carcérale nationale se trouve en détention préventive. Une proportion jugée inacceptable par l’Exécutif, qui y voit une dérive incompatible avec les principes de justice et de dignité humaine. Le programme est mis en œuvre sous la coordination du Chef du Gouvernement, à travers le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la participation d’institutions nationales œuvrant dans la protection des droits humains.

En lançant cette caravane, les autorités affichent leur volonté de restaurer l’autorité judiciaire et de corriger un dysfonctionnement majeur du système pénal. Reste désormais à observer la portée réelle de cette initiative sur l’ensemble du territoire et sa capacité à produire des résultats durables face à une crise carcérale profondément enracinée.

R. J.