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La cour d’appel met fin aux auditions dans le cadre du dossier Jovenel Moïse

Le président Jovenel Moïse et sa femme Martine Moïse•©️Dieu Nalio Chéry


Après plusieurs mois de procédures mouvementées, la Cour d’appel de Port-au-Prince a officiellement clôturé, le mercredi 16 juillet 2025, les auditions relatives à l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Une étape cruciale qui intervient dans un contexte de fortes tensions et de nombreuses difficultés dans la conduite de cette affaire.

L’assassinat de Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021, en sa résidence privée, à Pèlerin 5, commune de Pétion-Ville, reste l’un des événements les plus marquants de l’histoire récente d’Haïti. Son assassinat a plongé le pays dans une crise politique et sécuritaire profonde, exacerbée par une succession de recoupements d’informations et de résistances de la part de plusieurs acteurs clés.

Depuis l’ouverture de l’enquête, la Cour d’appel a mené une série d’auditions, mais celles-ci n’ont pas été sans obstacles. Depuis environ deux ans, certains responsables et personnalités politiques ont refusé de comparaître ou de coopérer pleinement devant la justice, compliquant la collecte d’éléments probants. Parmi eux, Léon Charles, ou encore des proches de la famille Moïse, ont opposé un refus catégorique ou se sont retranchés derrière certaines déclarations peu convaincantes.

Les dernières séances, qui ont duré plusieurs semaines, ont été marquées par la contestation de l’ordonnance du juge instructeur Walter Wesser Voltaire, décrite comme « bancale » par plusieurs acteurs impliqués dans le dossier. Le ministère public a demandé l’annulation de cette ordonnance, en sollicitant la désignation d’un nouveau juge afin de poursuivre l’instruction.

De plus, le ministère public a fait appel à une assistance judiciaire internationale pour auditionner des personnalités clés, notamment des responsables de la CTU, des membres de la famille Moïse, ainsi que des figures politiques et militaires comme Ariel Henry. Des démarches qui soulignent la complexité de l’enquête et la nécessité d’une coopération internationale.

Concernant les inculpés, tous rejetant leur responsabilité dans l’assassinat, ils ont maintenu leur position lors des dernières audiences. Si aux États-Unis, plusieurs suspects avaient accepté de plaider coupables, en Haïti, les 22 personnes qui ont été détenues continuent de nier toute implication, ce qui entretient un climat d’incertitude.

Le président de la chambre d’audience, juge Emmanuel Lacroix, a ordonné aux parties de déposer leurs pièces justificatives dans le délai prévu par la loi. La fin des auditions ne signifie toutefois pas la fin du processus judiciaire : après cette étape, la décision de la Cour d’appel reste en suspens.

Il ne reste plus qu’à attendre le verdict, dans un contexte où la nation aspire à faire toute la lumière sur cet assassinat qui a profondément bouleversé le pays et ses institutions.

W.A.