Accueil Société Haïti : quand les cantines scolaires dépendent encore de l’aide étrangère

Haïti : quand les cantines scolaires dépendent encore de l’aide étrangère

©️PAM

 

Port-au-Prince, le 26 août 2025.- Alors qu’Haïti demeure officiellement un pays à vocation agricole, des milliers d’écoliers continuent de dépendre de l’aide internationale pour avoir accès à un repas quotidien. La France vient d’injecter 2,5 millions d’euros dans le Programme national de cantines scolaires (PNCS), une aide cruciale pour l’année académique 2025-2026.

Lundi 25 août 2025, le Conseiller de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, Vincent Hommeril, et le Coordonnateur général du PNCS, Kevenot Dorvil, ont signé une nouvelle convention de financement destinée à soutenir l’alimentation scolaire en Haïti. D’un montant de 2,5 millions d’euros, cette enveloppe vise à garantir la continuité du programme pour l’année académique 2025-2026.

Cet appui s’inscrit dans la continuité des engagements précédents : en 2024, la France avait mobilisé 8,5 millions d’euros pour l’aide alimentaire en Haïti, via le PNCS, Solidarités International et le Programme alimentaire mondial (PAM). Grâce à ces fonds, près de 82 000 élèves ont bénéficié d’un repas quotidien durant l’année scolaire 2024-2025.

Pour les partenaires français et haïtiens, l’alimentation scolaire dépasse la simple nutrition : elle constitue un outil de lutte contre la faim, mais aussi un levier pour améliorer la fréquentation scolaire et renforcer l’éducation.

Un paradoxe national

Cette coopération met en lumière un contraste frappant. Dans les manuels scolaires, les enfants haïtiens apprennent encore que leur pays est essentiellement agricole, doté d’une tradition paysanne et de terres fertiles. Pourtant, dans la réalité, des milliers d’écoliers dépendent de financements étrangers pour manger à leur faim à l’école.

Cette situation souligne l’urgence d’une réforme agricole nationale. Seule une production locale renforcée et mieux soutenue permettra, à terme, de nourrir les écoliers haïtiens sans dépendre de l’aide extérieure.

W. A.