©️David Lorens Mentor
Washington, le 6 septembre 2025.- Alors que les autorités haïtiennes sont dépassées par une crise sécuritaire, sanitaire et humanitaire sans précédent, le pays figure paradoxalement sur la liste des destinations potentielles pour accueillir des immigrants non américains expulsés dans le cadre des politiques migratoires de l’administration Trump.
Dans le dossier de Kilmar Abrego Garcia, un résident du Maryland ayant fui le Salvador pour échapper aux violences des gangs, les autorités américaines lui ont proposé, lors de la procédure, une liste de 22 pays susceptibles de l’accueillir. Haïti figure parmi ces pays, malgré ses propres difficultés.
Expulsé par erreur vers le Salvador, Garcia a été ensuite rapatrié aux États-Unis pour répondre à des accusations criminelles. Il pourrait désormais être expulsé vers l’un des pays de la liste, y compris Haïti.
Parallèlement, le pays subit une vague de déportations massives en provenance de la République dominicaine. En août 2025, plus de 35 000 Haïtiens en situation irrégulière ont été expulsés, un chiffre record pour l’année. Les autorités dominicaines affirment procéder à une identification biométrique complète avant de remettre les déportés aux autorités haïtiennes.
Cependant, du côté haïtien, les critiques persistent concernant l’absence d’un système de prise en charge des rapatriés. Ni enregistrement, ni accompagnement à la réinsertion ne sont prévus, aggravant la vulnérabilité de milliers de citoyens.
Dans ce contexte, une question s’impose : un pays qui peine déjà à réintégrer ses propres ressortissants est-il réellement en capacité d’accueillir d’autres déportés étrangers ?
W. E.
























