L’ambassadrice de la Colombie en Haïti, Vilma Velásquez Uribe
Port-au-Prince, le 5 mai 2026.- En visite à Port-au-Prince, une délégation de l’Agence colombienne pour la réintégration et la normalisation, accompagnée de l’ambassadrice Vilma Velásquez Uribe, a partagé l’expérience de la Colombie dans la gestion des groupes armés. Elle plaide pour une approche pragmatique incluant le dialogue, y compris avec des groupes criminels, dans un contexte où Haïti fait face à une violence structurée et territorialisée.
Intervenant sur les ondes de Magik 9, l’ambassadrice Vilma Velásquez Uribe a souligné les similitudes entre la situation sécuritaire en Haïti et celle qu’a connue la Colombie. Elle distingue toutefois deux types d’acteurs : les groupes armés à motivation idéologique, comme certaines guérillas historiques, et les groupes criminels sans agenda politique, principalement motivés par des activités comme le narcotrafic, les enlèvements et l’extorsion.
Selon elle, même en l’absence d’idéologie, ces groupes exercent un contrôle territorial et économique qui leur confère une forme d’influence dans la société. « Il faut parler avec les groupes criminels, car ils font partie de la réalité sociale », a-t-elle indiqué, évoquant l’expérience colombienne où le dialogue a été intégré dans les stratégies de sortie de crise.
L’Agence colombienne pour la réintégration et la normalisation, équivalent du CNDDR en Haïti, a ainsi engagé des discussions à la fois avec des groupes armés politiques et des acteurs purement criminels, dans une logique de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. Une approche qui reconnaît la complexité du phénomène et la nécessité de réponses adaptées.
Pour la diplomate, le phénomène observé en Haïti s’inscrit dans une dynamique régionale, marquée par l’expansion du narcotrafic comme moteur central des économies criminelles. Face à cette réalité, elle insiste sur l’importance de comprendre la nature des groupes en présence afin de définir des stratégies efficaces, au-delà des réponses strictement sécuritaires.
W. A.























