Port-au-Prince, le 4 mai 2026.- Le gouvernement haïtien a annoncé officiellement, ce lundi au local du FAES, à Delmas 75, une révision à la hausse du salaire minimum pour le secteur de la sous-traitance (Segment F), qui passe désormais de 760 à 1 000 gourdes par jour. Cette décision, fruit d’un consensus entre l’État, le patronat et les syndicats, s’accompagne d’un plan d’accompagnement social de 625 millions de gourdes pour les ouvriers et de mesures d’incitation fiscale sur les énergies renouvelables pour les entreprises.
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 4 mai par le ministre de l’Économie et des Finances, M. Serge Gabriel Colin, accompagné du ministre de la Planification et un représentant du ministre des Affaires sociales, Mme Sandra Paulemon, le gouvernement a dressé un constat alarmant de la situation économique actuelle. Marquée par une insécurité galopante, l’économie nationale a vu le secteur de la sous-traitance s’effondrer, passant de 70 000 emplois en 2018 à environ 25 000 aujourd’hui. Face à cette urgence, les autorités ont jugé impératif d’ajuster le salaire de base tout en écoutant les revendications des différentes parties concernées après plus d’une semaine de négociations intenses.
La représentante du secteur syndical, Mme Yanick Étienne, a confirmé l’adhésion des travailleurs à ce nouveau tarif de 1 000 gourdes par jour pour le segment F. Elle a précisé que cette augmentation concerne pour l’instant le salaire journalier, lequel entrera en vigueur dès l’adoption du budget rectificatif. Quant au salaire de production, une composante essentielle du secteur, son traitement interviendra dans un second temps, immédiatement après la validation du cadre budgétaire. Par ailleurs, le Conseil Supérieur des Salaires (CSS) a déjà soumis ses recommandations pour les autres secteurs d’activité, et le gouvernement est en passe de les adopter suivant une approche segmentée.
Pour atténuer l’impact de l’inflation et de la crise sur les travailleurs, l’État a mobilisé une enveloppe de 625 millions de gourdes destinée à fournir un appui financier direct aux ouvriers actifs. Ce montant sera distribué sous forme de forfait à travers le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES) sur les cinq derniers mois de l’exercice en cours. Cette mesure vise à offrir une bouffée d’oxygène aux ménages les plus vulnérables du secteur industriel en attendant la pleine application des réformes salariales.
Parallèlement, le gouvernement prévoit des dispositions stratégiques dans la prochaine loi de finances rectificative pour soutenir le secteur privé et la production nationale. Afin de réduire les coûts de production liés aux produits pétroliers, les droits de douane sur les équipements d’énergie renouvelable, tels que les panneaux solaires, les onduleurs et les batteries, seront ramenés à zéro. Cette exonération totale vise à encourager les industries à opérer une transition énergétique durable, garantissant ainsi une meilleure compétitivité tout en préservant les emplois restants dans le pays.
W. A.
























