Me Samuel Madistin
Port-au-Prince, le 9 mars 2026.- La Fondasyon Je Klere (FJKL) critique vivement un contrat signé le 15 décembre 2025 entre l’État haïtien et la société Metric Facility S.A., associée à Metric Management Inc. et Transcaribbean Energy Partners & Consulting S.A., portant sur la construction et l’exploitation de trois prisons en Haïti. Intervenant ce lundi 9 mars 2026 sur les ondes de Radio Magik9, le dirigeant de l’organisation, Samuel Madistin, a dénoncé un accord qu’il juge défavorable aux intérêts de l’État et susceptible d’alourdir la dette publique pendant plusieurs décennies.
Le projet, estimé à 85,4 millions de dollars, prévoit la construction de trois établissements pénitentiaires modernes à Source Matelas (Arcahaie), Fort-Liberté et Jacmel. Selon les termes évoqués par la FJKL, l’entreprise concessionnaire ne financerait directement qu’environ 25 % du coût total, soit près de 20 millions de dollars, tandis que le reste pourrait être obtenu par emprunt avec des garanties de l’État haïtien.
Lors de son intervention radiophonique, Me Samuel Madistin a expliqué que ces prisons auraient une capacité totale d’environ 15 000 détenus et que l’État s’engagerait à payer à la firme privée 22 dollars américains par jour et par détenu pendant une durée de 50 ans. Il affirme également que le contrat inclurait une garantie d’occupation minimale de 75 % des places, ce qui obligerait l’État à payer même si les établissements ne sont pas pleinement occupés.
Pour le responsable de la FJKL, un tel engagement constitue un transfert préoccupant de responsabilités régaliennes vers une entreprise privée, notamment dans les domaines de la sécurité et de la gestion pénitentiaire. Il estime qu’un gouvernement provisoire ne devrait pas engager le pays dans un contrat aussi long, évoquant même le risque de reproduire des décisions historiques lourdes de conséquences économiques pour Haïti.
Me Madistin a par ailleurs affirmé que la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif aurait émis plusieurs avis défavorables sur ce projet, notamment en raison de l’absence d’appel d’offres et des risques financiers potentiels pour l’État. Selon lui, ces réserves démontrent que « les intérêts de l’État ne sont pas suffisamment protégés » dans cette convention.
W. A.























