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1er septembre, Journée nationale haïtienne d’éducation aux changements climatiques : une nécessité vitale pour Haïti

 

Port-au-Prince, le 1er septembre 2025.- Et si Haïti décidait enfin de prendre un virage décisif dans la lutte contre les dérèglements climatiques ? Et si, à partir du 1er septembre, le pays consacrait une journée nationale au climat, à la sensibilisation, à l’éducation environnementale et à l’action concrète ? Une telle initiative ne relèverait pas de la symbolique vide, mais d’un acte politique fort, à la hauteur des défis environnementaux auxquels notre nation est cruellement exposée.

Pourquoi une Journée nationale ?

Parce que les changements climatiques ne sont pas un problème abstrait réservé aux puissances mondiales. Ils sont une réalité quotidienne pour Haïti, aggravant l’insécurité alimentaire, détruisant nos infrastructures, déplaçant nos populations, appauvrissant nos sols, menaçant notre biodiversité, et faisant chaque année des centaines de victimes. Cyclones plus fréquents et plus intenses, inondations à répétition, sécheresses prolongées, insécurité hydrique, érosion des côtes, perte des terres agricoles… La liste est longue, et elle s’allonge encore.

Haïti figure parmi les pays les plus vulnérables au monde face au changement climatique, mais paradoxalement, c’est aussi l’un des pays les moins préparés. L’éducation climatique est quasi inexistante dans les écoles, les politiques publiques restent timides, et la conscience collective peine à se structurer autour d’un engagement commun.

Les causes ? Elles sont multiples

Déforestation massive, mauvaise gestion des déchets, urbanisation anarchique, dégradation des bassins versants, absence de politiques agricoles durables. Mais il serait simpliste de faire porter toute la responsabilité à la population. La faillite de l’État en matière d’aménagement du territoire et de réglementation environnementale est flagrante.

Les conséquences ?

Ce sont nos enfants qui les vivront. La raréfaction de l’eau, la baisse de la productivité agricole, l’explosion des maladies liées à l’environnement, la migration climatique, les conflits pour l’accès aux ressources naturelles… Haïti court tout droit vers une crise écologique majeure, qui viendra aggraver toutes ses fragilités socio-économiques.

Alors, pourquoi le 1er septembre ?

Choisir une date fixe pour réfléchir et agir chaque année sur les enjeux climatiques est une façon d’ancrer le sujet dans l’agenda national. Le 1er septembre, à la veille de la rentrée scolaire, pourrait être une journée de mobilisation générale dans les écoles, les universités, les mairies, les ministères, les médias, afin de faire de l’écologie un pilier de l’avenir national. C’est une date stratégique pour insérer le climat dans les programmes éducatifs, lancer des campagnes de reboisement, organiser des conférences, publier des rapports, et surtout rappeler que la survie d’Haïti dépend de son adaptation environnementale.

Cette journée permettrait aussi de reconnecter les citoyens à leur territoire, de valoriser les savoirs locaux, de reconnaître le travail des écologistes, des agronomes, des ingénieurs, des chercheurs, souvent ignorés malgré leur contribution vitale. Ce serait également l’occasion de dénoncer les responsabilités internationales, car Haïti subit les effets d’un réchauffement climatique qu’il n’a pas causé.

Déclarer le 1er septembre comme Journée nationale du climat, ce n’est pas un geste cosmétique. C’est un vibrant appel à la responsabilité collective, une manière d’inscrire le combat écologique dans l’identité nationale. Car Haïti, pour renaître, ne peut plus continuer à tourner le dos à la nature. Elle doit en faire une alliance stratégique et citoyenne, une priorité absolue de sa reconstruction sociale, économique et politique.

Le 1er septembre pourrait devenir un point d’ancrage annuel pour une prise de conscience nationale, pour une mémoire écologique active, pour un engagement durable.

La Terre n’attendra pas. Haïti non plus ne peut plus attendre. 

Q. A.