Port-au-Prince, le 31 octobre 2025.- L’écrivaine haïtienne Yanick Lahens a remporté, le mercredi 29 octobre 2025, le Grand Prix du roman de l’Académie française pour son œuvre Passagères de nuit, publiée aux éditions Sabine Wespieser. Dans un entretien accordé à la radio Magik 9, l’auteure confie avoir écrit ce roman « dans des conditions difficiles », marquées par la crise haïtienne, tout en affirmant : « Nous vivons constamment dans un état d’urgence. »
La littérature haïtienne rayonne une nouvelle fois sur la scène internationale. Yanick Lahens, figure majeure des lettres francophones, vient de décrocher le Grand Prix du roman de l’Académie française 2025 pour son dernier ouvrage, Passagères de nuit. Décerné au troisième tour de scrutin, le prix a couronné l’écrivaine par 11 voix contre 10, signe d’un vote aussi serré qu’emblématique du prestige de son œuvre.
Yanick Lahens a livré avec sincérité les coulisses de la création de ce roman. « C’est l’un des livres sur lesquels j’ai eu le plus de doutes, car je l’ai écrit dans des conditions difficiles. Au cours de ces trois dernières années, vivre en Haïti n’a pas été facile », a-t-elle confié.
L’auteure évoque une écriture traversée par les secousses d’un pays en crise, mais aussi par une nécessité intérieure, presque vitale :
« L’urgence ne nous quitte jamais : que l’on défie l’ordre mondial ou non, il y a toujours une urgence intérieure et une autre extérieure. »
Dans ses propos, transparaît cette tension entre le doute et la persévérance, le chaos et la création, le réel et la littérature. Fidèle à sa vision, Yanick Lahens rappelle que l’écriture n’est pas une posture, mais un engagement existentiel :
« Écrivain, ce n’est pas un statut social. C’est une attitude face à soi-même, à ses propres exigences et à la manière dont on regarde le monde. »
À travers Passagères de nuit, l’auteure poursuit son exploration du destin collectif haïtien, porté par une prose à la fois poétique et lucide. Ce prix, décerné par la plus ancienne institution littéraire française, consacre une œuvre qui relie les nuits d’Haïti aux urgences du monde.
W. A.





























