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« Une seule santé » : un investissement vital pour l’avenir de la planète

 

Genève, le 3 novembre 2025.- ​Aujourd’hui, Journée mondiale de l’approche « Une seule santé » (One Health Day), la nécessité d’une approche intégrée et unificatrice de la santé est mise en lumière. Ce concept reconnaît que la santé des humains, des animaux et des écosystèmes sont étroitement liées et interdépendantes. Les faits sont alarmants : 60 % des maladies infectieuses émergentes recensées sont d’origine animale, et sur les 30 nouveaux agents pathogènes détectés au cours des 30 dernières années, 75 % proviennent d’animaux. L’adoption de cette stratégie est non seulement une exigence sanitaire, mais aussi un impératif économique : la Banque mondiale estime les bénéfices attendus à au moins 37 milliards de dollars américains par an, alors que les dépenses annuelles de prévention représentent moins de 10 % de cette somme.

​La multiplication des crises sanitaires, comme la pandémie de COVID-19, a mis en évidence le coût de la négligence. Depuis 2003, le monde a enregistré plus de 15 millions de décès humains et 4 000 milliards de dollars de pertes économiques dues aux maladies et aux pandémies. La fragilisation des écosystèmes causée par des activités humaines est le principal moteur de l’émergence et de la propagation des maladies. Ces facteurs de stress comprennent l’urbanisation, le commerce d’animaux, l’agriculture intensive, l’élevage, la fragmentation des habitats et, de manière critique, le changement climatique. L’approche « Une seule santé » s’applique à un large éventail de problématiques, dont la Résistance aux AntiMicrobiens (RAM), les zoonoses (Ebola, grippe aviaire, rage), les maladies à transmission vectorielle (paludisme, dengue) et la sécurité alimentaire.

Défis et impératifs de collaboration

​Malgré l’urgence, la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé » se heurte à des changements structurels majeurs nécessaires à l’intégration des domaines de la santé humaine, animale et environnementale. Les lacunes principales incluent le manque de bases de données pour le partage d’informations, l’absence de modèle pour un système de surveillance intégré et une compréhension plus complète des facteurs à l’origine de la transmission des zoonoses. Pour combler ces failles, la collaboration intersectorielle et interdisciplinaire est essentielle. L’objectif est de mettre en place une coordination courante et d’urgence afin de prévenir, détecter et prendre en charge les nouveaux problèmes de santé complexes.

Un cadre mondial unifié

​En réponse à cette nécessité, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est le fer de lance de l’effort, notamment au sein du Quadripartite « Une seule santé », aux côtés de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), anciennement connue sous le nom l’Office international des épizooties (OIE), et d’ONU-Environnement. Ces organisations ont élaboré un Plan d’action conjoint « Une seule santé » pour consolider l’infrastructure et le financement nécessaires au niveau national. De plus, l’OMS assure le secrétariat du Groupe d’experts de haut niveau « Une seule santé » (OHHLEP), qui fournit des avis scientifiques et des recommandations, y compris pour l’élaboration de lignes directrices sur les bonnes pratiques et l’atténuation des risques. Cette structure vise à renforcer les programmes nationaux pour une meilleure santé mondiale.

W. A.