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Le Décret électoral 2025 face aux défis de la désinformation numérique

©️Facebook Jean Marie Altéma


Port-au-Prince, le 3 novembre 2025. – Le projet de Décret électoral 2025, actuellement soumis à consultation, soulève de vives préoccupations au sein des milieux politiques et numériques haïtiens. Long de 103 pages et articulé autour de 413 articles, le texte ne comporte aucune disposition spécifique encadrant la communication politique sur les réseaux sociaux, un espace désormais central dans la diffusion de l’information et la mobilisation électorale.

Dans un contexte où Haïti compte plus de 2,65 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux soit environ 35 % de la population adulte, selon Jean Marie Altéma, l’absence de cadre clair laisse le processus électoral exposé à des dérives majeures. Facebook, WhatsApp, YouTube et TikTok sont aujourd’hui des terrains privilégiés pour les campagnes politiques, mais aussi pour la désinformation et la manipulation de l’opinion.

Dans un cadre où Haïti compte plus de 2,65 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux, soit environ 35 % de la population adulte, selon Jean Marie Altéma, l’absence de cadre réglementaire clair expose le processus électoral à des dérives préoccupantes. Facebook, WhatsApp, YouTube et TikTok sont devenus des canaux incontournables pour les campagnes politiques, mais aussi des vecteurs puissants de désinformation et de manipulation de l’opinion publique.

Selon Jean Marie Altéma, spécialiste en stratégie et gouvernance numérique, ce vide juridique comporte quatre grands risques :

1) la manipulation de l’opinion par les deepfakes et les rumeurs amplifiées par l’intelligence artificielle ;

2) le financement opaque des campagnes à travers des publicités politiques non traçables ;

3) le harcèlement numérique, particulièrement contre les femmes candidates ;

4) la fragilisation de la confiance du public face à l’absence de mécanismes de vérification et de sanction.

Pour y remédier, Jean Marie Altéma recommande d’intégrer au projet de décret un chapitre dédié à la communication numérique et à la lutte contre la désinformation. Il plaide notamment pour une transparence accrue des messages sponsorisés, incluant l’identité de l’annonceur, le montant investi et les critères de ciblage. Il propose également la création d’une Cellule nationale de veille numérique électorale, chargée de détecter en temps réel les tentatives de manipulation de l’opinion sur les plateformes sociales.

À l’ère du numérique, les élections haïtiennes ne peuvent plus faire abstraction de l’influence croissante des réseaux sociaux sur la perception politique et la mobilisation citoyenne. L’inclusion de dispositions spécifiques dans le Décret électoral 2025 permettrait de renforcer la transparence et la traçabilité des campagnes en ligne, tout en garantissant une compétition plus équitable et respectueuse. En protégeant les candidats, notamment les femmes, contre la désinformation et la cyberviolence, Haïti poserait les bases d’une démocratie numérique plus sûre, plus inclusive et résolument tournée vers l’avenir.

R. J.