La prostitution commence le jour où la femme se sent trop belle pour travailler et trop fière pour souffrir.
La corruption commence le jour où les élites intellectuelles se sentent trop intelligentes, trop importantes pour être honnêtes et pour cultiver les valeurs.
Certains signes racontent l’histoire d’un pays dans le silence, dans le murmure fatigué, dans le souffle saccadé des hommes et des femmes invisibilisés, ensevelis sous le poids des promesses non tenues du quotidien. La question était pourtant claire. Tout le monde l’avait comprise. Tout le monde avait promis d’y répondre dans le temps imparti. Le bip du chronomètre national a retenti : il faut désormais remettre les copies pour correction.
Les règles avaient été définies à l’avance, lues à haute voix. Alors pourquoi cette agitation ? Pourquoi ces balbutiements, ce cafouillage soudain, cette panique face à l’échéance ?
Ce pays cherche à retrouver ses repères, son identité, ses origines. Que le jeu de dupes cesse. Que les marchands d’illusions apprennent enfin à respecter leur parole. La crise n’est plus sourde : elle est désormais stressante, bruyante, envahissante. La misère ne se cache plus ; elle s’impose, elle marche à visage découvert dans nos rues, nos sentiers, nos mornes, au milieu d’un carnaval de la honte, sans déguisements ni masques.
Comme un miroir tendu à une nation entière, la fatigue se lit sur nos corps. Elle s’exprime dans un élan de colère légitime, nourrie par la privation, l’injustice et le silence trop longtemps refoulé.
Car le réveil, face aux mauvaises réponses, est parfois brutal.
Raphaël Théoma Daniel





























