Juxon Faustin, Nathan Jean-Pierre, Max François Millien
FAMV-UEH, HELVETAS Haïti, UniQ-LAREZIA
Résumé
La biodiversité aviaire est un indicateur écologique clé pour évaluer l’intégrité des écosystèmes côtiers face aux changements climatiques. Cette étude présente un inventaire systématique de l’avifaune du Parc National Naturel Lagon des Huîtres (PNN-LH), dans le Sud-Est d’Haïti. À travers des points d’écoute et des transects linéaires réalisés sur deux mois dans trois habitats (lagons, forêt sèche, littoral), la recherche a recensé 45 espèces (1 200 individus). Les résultats montrent une prédominance d’espèces sédentaires et endémiques (65 %, n=29) par rapport aux migratrices (35 %, n=16), confirmant une forme d’adaptation climatique locale (χ2=15,2 ; p<0,05). L’analyse souligne des menaces critiques : destruction des mangroves pour le charbon, perturbation des cycles migratoires et manque de données actualisées. En comparant ces résultats avec d’autres aires protégées caribéennes, l’étude plaide pour une gestion renforcée, alignée sur les ODD 13 et 15, et fournit une base scientifique pour le monitoring à long terme du PNN-LH.
Mots-clés : Mots-clés : Avifaune, Inventaire ornithologique, Lagon des Huîtres, Biodiversité, Changements climatiques, Conservation
1. Introduction
Les oiseaux assurent des fonctions écologiques vitales, telles que la pollinisation, la dispersion des semences et la régulation des populations d’insectes (Whelan et al., 2008). Groupe taxonomique de référence pour le suivi environnemental (Gregory & van Strien, 2010), l’avifaune subit toutefois une crise d’extinction majeure, avec 1 500 espèces menacées sur les 11 000 recensées (UICN, 2023). Les changements climatiques aggravent cette situation en modifiant les routes migratoires, en provoquant des décalages phénologiques et en altérant les habitats essentiels (Both et al., 2010 ; Visser et al., 2012).
La région caraïbe est un « hotspot » de biodiversité et de vulnérabilité climatique (Myers et al., 2000). Elle abrite plus de 700 espèces, dont 180 endémiques. L’île d’Hispaniola, avec 33 espèces endémiques, constitue un corridor migratoire crucial. Cependant, des déclins massifs sont observés : les populations de limicoles (bécasseaux, courlis, pluviers) ont chuté de 20 à 40 % en raison de la dégradation des zones humides (Morrison et al., 2012), tandis que les espèces forestières perdent leur habitat suite à une déforestation drastique (Hedges et al., 2018).
En Haïti, le département du Sud-Est illustre cette fragilité. Le passage du cyclone Matthew en 2016 a détruit 80 % des mangroves régionales (Ocean Risk, 2025). La production de charbon de bois et l’urbanisation sauvage continuent de fragmenter les écosystèmes résiduels, tandis que la variabilité des précipitations perturbe les cycles biologiques (Exantus, 2021).
Le PNN-LH (9 640 ha), complexe riche de lagons, mangroves et forêts sèches, abrite des espèces vulnérables telles que le flamant rose ou le pigeon à couronne blanche. Malgré cet intérêt écologique, le parc manque de données scientifiques récentes pour guider sa gestion. Cette étude vise donc à : (1) documenter la richesse spécifique et l’abondance de l’avifaune ; (2) analyser la structure des populations selon leur statut (résident, endémique, migrateur) ; (3) évaluer l’impact des pressions anthropiques et climatiques ; (4) formuler des recommandations pour le monitoring et la conservation.
2. Revue de la Littérature
2.1. Les Aires Protégées : Définitions et Rôles
Une aire protégée est un espace géographique dédié à la conservation à long terme de la nature et des services écosystémiques associés (Dudley, 2008). L’UICN les classe en six catégories, allant de la protection intégrale (Cat. I) à l’utilisation durable des ressources (Cat. VI). Au-delà de la conservation in situ, ces zones génèrent des bénéfices économiques majeurs, notamment via l’écotourisme et la régulation climatique, estimés globalement à 600 milliards de dollars annuels (PNUE, 2020).
2.2. Menaces et Défis Mondiaux
Malgré leur importance, de nombreuses aires protégées, qualifiées de « paper parks » (parcs de papier), souffrent d’une absence de gestion effective (Joppa & Pfaff, 2011). Les menaces sont multiples : braconnage, déforestation et invasions biologiques. De plus, le changement climatique contraint certaines espèces à migrer hors des limites administratives des parcs, rendant les périmètres de protection actuels parfois obsolètes (Hannah et al., 2007).
2.3. Cadre Institutionnel et Enjeux en Haïti
Le Système National d’Aires Protégées (SNAP) d’Haïti comprend plus de 50 sites couvrant environ 5 % du territoire (MDE, 2017). L’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP), créée en 2013, est l’organe de gestion principal. Bien qu’un cadre juridique et une Stratégie Nationale pour la Biodiversité (2016-2030) existent, l’efficacité de l’ANAP reste limitée par un déficit chronique de ressources financières, humaines et matérielles (ANAP, 2019). Dans ce contexte, les inventaires scientifiques comme celui du PNN-LH sont essentiels pour orienter les priorités de conservation et renforcer la résilience face aux aléas climatiques.
2.5. Rôles écologiques et indicateurs de santé environnementale
Les oiseaux assurent des fonctions écosystémiques critiques : la pollinisation par les nectarivores, la dispersion des semences par les frugivores, la régulation des populations d’insectes et le recyclage des nutriments par les charognards et piscivores (Whelan et al., 2008). En raison de leur présence à divers niveaux trophiques et de leur sensibilité aux perturbations, ils constituent des indicateurs écologiques de premier plan. Leur visibilité et la facilité de leur identification permettent un suivi rigoureux de l’état de santé des écosystèmes (Gregory & van Strien, 2010).
2.6. Statuts de conservation et vulnérabilité
L’UICN évalue le risque d’extinction des espèces selon une échelle allant de la « Préoccupation mineure » (LC) au statut « Éteint » (EX). Cette classification repose sur des critères précis tels que le taux de réduction des populations, l’exiguïté de l’aire de distribution ou l’analyse quantitative de viabilité (UICN, 2023). Dans la région caribéenne, plus de 40 espèces sont actuellement classées comme vulnérables (VU) ou en danger critique (CR).
2.7. Programmes de suivi et méthodes d’inventaire
Le monitoring aviaire est indispensable pour détecter les tendances démographiques et évaluer l’efficacité des mesures de conservation (Bibby et al., 2000). Des initiatives internationales telles que le North American Breeding Bird Survey (BBS) ou la plateforme participative eBird s’appuient sur des méthodes standardisées : points d’écoute, transects linéaires, capture-marquage-recapture et télémétrie. Ces outils permettent d’anticiper les réponses des populations face aux changements globaux.
2.8. État des lieux de l’avifaune en Haïti
Haïti héberge 288 espèces d’oiseaux, dont 33 endémiques à l’île et 149 résidentes reproductrices (Latta et al., 2006). Parmi les espèces emblématiques figurent le Trogon damoiseau (Priotelus roseigaster) et le Todier étroit (Todus angustirostris). Si 18 espèces endémiques sont aujourd’hui menacées (Edouarzin, 2022), les efforts de recherche se sont historiquement concentrés sur les massifs forestiers comme La Visite ou Macaya, laissant les zones côtières et humides largement sous-documentées (Dávalos & Brooks, 2001).
2.9. Changements climatiques et avifaune caribéenne
Les impacts climatiques se manifestent par une modification du calendrier migratoire et un décalage phénologique entre la reproduction et la disponibilité des ressources (Birds Caribbean, 2023). Les événements extrêmes, tels que les ouragans, provoquent des mortalités massives et la destruction d’habitats critiques (Wunderle et al., 1992). Sans mesures de conservation ambitieuses, les modèles projettent une perte de 20 à 40 % de la diversité aviaire caribéenne d’ici 2100 (Foden et al., 2013).
2.10. Cadres internationaux et engagements d’Haïti
La conservation de l’avifaune s’inscrit dans les Objectifs de Développement Durable (ODD 13 et 15). Au niveau mondial, le Cadre Kunming-Montréal de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) ambitionne de protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030. Bien qu’Haïti soit signataire de conventions clés telles que Ramsar (zones humides) et la CMS (espèces migratrices), leur mise en œuvre nationale reste limitée par des contraintes institutionnelles (MDE, 2017)..
3. Méthodologie
3.1. Zone d’étude
Le Parc National Naturel Lagon des Huîtres (PNN-LH), situé dans la commune de Belle-Anse (Sud-Est d’Haïti : 18°15’N, 71°45’W), s’étend sur 9 640 ha. Sa topographie varie de 0 à 50 m d’altitude. Le climat, de type tropical semi-aride, se caractérise par une température moyenne de 27°C et une pluviométrie annuelle comprise entre 800 et 1000 mm, principalement concentrée de mai à octobre. Le site abrite une mosaïque d’écosystèmes : un complexe de 20 lagons saumâtres, des mangroves (Rhizophora mangle, Avicennia germinans), des forêts sèches (Prosopis juliflora, Acacia spp.), ainsi que des plages sableuses et des herbiers marins.
3.2. Matériels
Le dispositif de terrain a mobilisé des jumelles haute résolution (10×42), un GPS Garmin eTrex et un appareil photo numérique pour la documentation visuelle. L’identification s’est appuyée sur le guide de référence Birds of the Dominican Republic and Haiti (Latta et al., 2006). Les données ont été consignées sur des fiches standardisées et enregistrées en temps réel via l’application mobile eBird (Cornell Lab).
3.3. Méthodes d’échantillonnage
Suivant les protocoles de Bibby et al. (2000), deux méthodes complémentaires ont été déployées
- Points d’écoute fixes : Trente points de 20 minutes chacun ont été répartis stratégiquement (10 en lagons, 10 en forêt sèche, 10 sur le littoral) pour recenser les individus vus ou entendus dans un rayon de 50 m.
- Transects linéaires : Six parcours de 2 km ont été effectués à une vitesse de 1 à 2 km/h, couvrant une bande de détection de 50 m de largeur.
Les sessions d’observation ont eu lieu trois fois par semaine durant deux mois, lors des pics d’activité aviaire (06h00-10h00 et 15h00-18h00).
3.4. Collecte de données
Pour chaque contact, les informations suivantes ont été notées : nom scientifique, effectif, habitat, heure, coordonnées géographiques et comportement (alimentation, vol, repos, nidification). L’identification a reposé sur des critères morphologiques et acoustiques. En cas d’incertitude, des photographies ont permis une confirmation ultérieure. Une distinction systématique a été opérée entre les espèces résidentes (présentes à l’année) et les migratrices (saisonnières).
3.5. Analyse des données
Statistiques descriptives : richesse spécifique (nombre espèces total), abondance relative (nombre individus/espèce), fréquence occurrence (pourcentage points/transects où espèce détectée). Indices diversité : Shannon-Wiener H’=-Σ(pi×ln pi) où pi=proportion espèce i. Test chi-carré : comparaison proportions observées vs attendues espèces sédentaires/migratrices (H0: égalité). Seuil significativité α=0,05. Analyses réalisées Excel et R.
3.6. Limites de l’étude
Plusieurs contraintes ont marqué ce travail : l’absence d’enregistreurs acoustiques a pu limiter l’identification de certaines espèces forestières cryptiques, et la courte durée de l’échantillonnage (deux mois) ne couvre pas l’intégralité du cycle phénologique annuel. Enfin, des contraintes financières et le climat d’insécurité régional ont restreint l’acquisition de matériel spécialisé (télescopes) et l’accès à certaines zones périphériques du parc.
4. Résultats et Discussion
4.1. Richesse et composition spécifiques
L’inventaire a recensé 45 espèces d’oiseaux réparties en 12 ordres et 20 familles, pour un total de 1 200 individus. La famille des Ardeidae (hérons et aigrettes) prédomine avec 8 espèces, suivie des Scolopacidae (6 espèces), des Columbidae (4 espèces) et des Laridae (3 espèces). Cette composition souligne l’importance des habitats aquatiques et côtiers au sein du parc.
Tableau 1. Répartition des espèces par statut écologique
| Statut écologique | Nombre espèces | Pourcentage (%) | Abondance (n) |
| Espèces sédentaires/endémiques | 29 | 64,4 | 780 |
| Espèces migratrices | 16 | 35,6 | 420 |
| Total | 45 | 100,0 | 1 200 |
4.2. Analyse de la diversité par habitat
La distribution de la diversité aviaire est hétérogène (Tableau 2). Les lagons présentent la plus forte richesse spécifique (indice Shannon H’=3,12), principalement des oiseaux aquatiques. Les forêts sèches côtières suivent avec 24 espèces (H’=2,87), dominées par les Columbidae et Tyrannidae. Enfin, le littoral compte 19 espèces (H’=2,54), principalement Laridae et Scolopacidae. Ces variations s’expliquent par la complexité structurelle des habitats et la disponibilité différentielle des ressources alimentaires.
Tableau 2. Top 10 des espèces les plus abondantes
| Rang | Espèce (nom scientifique) | Nom commun | Abondance | Statut |
| 1 | Bubulcus ibis | Héron garde-bœufs | 145 | Résident |
| 2 | Ardea alba | Grande Aigrette | 98 | Résident |
| 3 | Egretta thula | Aigrette neigeuse | 87 | Résident |
| 4 | Phoenicopterus ruber | Flamant rose | 72 | Résident |
| 5 | Patagioenas leucocephala | Pigeon simple | 65 | Endémique |
| 6 | Actitis macularius | Chevalier grivelé | 58 | Migrateur |
| 7 | Calidris minutilla | Bécasseau minuscule | 54 | Migrateur |
| 8 | Butorides virescens | Héron vert | 49 | Résident |
| 9 | Larus atricilla | Mouette atricille | 43 | Résident |
| 10 | Charadrius wilsonia | Pluvier de Wilson | 38 | Migrateur |
4.3. Analyse de la prédominance statutaire
Le test du chi-carré confirme une prédominance significative des espèces résidentes sur les migratrices donne : χ²=15,2, ddl=1, p<0,001. Ce déséquilibre peut être attribué à trois facteurs clés : (1) la dégradation des mangroves, réduisant la capacité d’accueil pour les migrateurs ; (2) la sensibilité accrue des espèces migratrices aux perturbations anthropiques locales ; (3) la meilleure résilience des espèces résidentes face à la variabilité environnementale.
4.4. Enjeux de conservation et statut UICN
Sept espèces sont inscrites sur la liste rouge de l’UICN ou présentent un intérêt conservatoire majeur : le Flamant rose (Phoenicopterus ruber) et le Pigeon à couronne blanche (Patagioenas leucocephala), tous deux quasi menacés (NT), ainsi que le Trogon damoiseau (Priotelus roseigaster), endémique. La présence de ces taxons confirme le rôle du PNN-LH comme refuge critique pour la biodiversité régionale.
4.5. Discussion
Comparaisons régionales et déclin des migrateurs : Avec 45 espèces, la richesse du PNN-LH est comparable à celle des massifs forestiers comme La Visite (48 espèces) ou Macaya (52 espèces), illustrant la valeur écologique des zones humides. Toutefois, la proportion d’espèces sédentaires y est plus élevée (64,4 % contre 48 % à La Visite), suggérant une baisse de l’attractivité du site pour les migrateurs, conformément aux tendances caribéennes (-20 à 30 % pour les limicoles ; Morrison et al., 2012).
Impacts climatiques et déforestation : La perte de 80 % des mangroves post-Matthew (Ocean Risk, 2025) a déstabilisé les chaînes trophiques. Ces écosystèmes, essentiels comme zones de nidification et de nourrissage, voient leur fonction d’habitat compromise. Parallèlement, les sécheresses récurrentes (Exantus, 2021) et la désynchronisation phénologique (Both et al., 2010) menacent le succès reproducteur des populations.
Services écosystémiques et menaces anthropiques : L’avifaune assure des services irremplaçables : pollinisation, dispersion des semences et régulation des insectes. Cependant, la pression synergique de la production de charbon (~1 000 ha de mangroves détruits par an), du braconnage et de l’urbanisation crée un « piège écologique » (Leverington et al., 2010) qui accélère la dégradation du site.
Perspectives de gestion : Bien que classé parc national depuis 2013, le PNN-LH manque d’un plan de gestion opérationnel. Il est impératif de : (1) instaurer un monitoring pluriannuel standardisé ; (2) restaurer prioritairement les mangroves (objectif : 200 ha) ; (3) renforcer la surveillance et engager les communautés locales dans des alternatives économiques durables au charbon ; (4) aligner la gestion sur les cadres internationaux (ODD 13 et 15, Convention de Ramsar).
5. Conclusion
5.1. Synthèse des résultats
Cette étude constitue la première caractérisation ornithologique systématique du Parc National Naturel Lagon des Huîtres (PNN-LH). L’inventaire a permis de recenser 45 espèces (1 200 individus) appartenant à 20 familles. Les résultats mettent en évidence une prédominance significative des espèces sédentaires et endémiques (64,4 %) par rapport aux migratrices (35,6 %), confirmée par le test du chi-carré (χ²=15,2, p<0,001).
La présence de sept espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN, dont le Flamant rose et le Pigeon à couronne blanche, confirme la valeur de ce site comme refuge de biodiversité. La diversité spécifique varie selon les habitats, les lagons étant les plus riches (H′=3,12), suivis des forêts sèches (𝐻′=2,87) et du littoral (𝐻′=2,54).
5.2. Validation des hypothèses et limites
L’hypothèse d’une prédominance des espèces résidentes est validée. Ce phénomène s’explique par la dégradation des mangroves (notamment après l’ouragan Matthew), qui réduit la capacité d’accueil des migrateurs, et par une meilleure adaptation des espèces locales aux variations environnementales. Cependant, la portée de ces résultats est tempérée par la courte durée de l’échantillonnage (deux mois), l’absence d’enregistrements acoustiques et des contraintes d’insécurité régionale ayant limité l’accès à certaines zones périphériques du parc.
5.3. Portées et perspectives scientifiques
Sur le plan scientifique, cette recherche établit une ligne de référence (baseline) essentielle pour le monitoring à long terme et comble un vide documentaire sur les zones côtières d’Haïti. Sur le plan pratique, ces données fournissent une base technique pour l’élaboration du plan de gestion du PNN-LH et soutiennent les objectifs du projet INOVEE visant la réduction de la vulnérabilité climatique.
Les recherches futures devront étendre l’inventaire aux cycles saisonniers complets et intégrer des méthodes de marquage pour les espèces clés. À moyen terme, l’implémentation de programmes de sciences participatives et la restauration prioritaire de 200 hectares de mangroves sont recommandées.
5.4. Recommandations pour la gestion
Pour assurer la pérennité des services écosystémiques du PNN-LH, la gestion du parc doit adopter une approche intégrée :
- Renforcement institutionnel : Allouer un budget opérationnel stable et du personnel formé à l’ANAP.
- Gestion participative : Impliquer les communautés locales dans un zonage fonctionnel du territoire (zones de protection stricte vs usage durable).
- Surveillance et alternatives : Renforcer la lutte contre le braconnage tout en promouvant des alternatives économiques à la production de charbon (apiculture, agroforesterie).
- Cadre international : Inscrire le PNN-LH comme site Ramsar pour renforcer sa protection juridique et son attractivité écotouristique, tout en l’alignant sur les Objectifs de Développement Durable (ODD 13 et 15).
Remerciements
Cet article est produit dans le cadre du projet INOVEE financé par HELVETAS Haïti. Les auteurs remercient chaleureusement HELVETAS Haïti pour son soutien financier et technique, l’Université Quisqueya (ERC2 et BDI) pour ses conseils scientifiques et son appui administratif, l’ANAP pour l’autorisation de recherche, le directeur du PNN-LH M. Eliecson Joseph pour sa collaboration, les gardes du parc pour leur assistance terrain, les communautés de Belle-Anse et Grand-Gosier pour leur accueil.
Références Bibliographiques
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[1] Auteur correspondant : maxfrancoismillien@gmail.com ; Max François Millien (0000-0002-9775-4364) – ORCID
faustin-et-al-2026.-inventaire-avifaune-lagon-huitres-ess-infosnation-008.pdf
























