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Haïti : la sécurité, pilier essentiel dans la résolution de la crise multidimensionnelle

 

Dans la rubrique « Micro Citoyens », plusieurs témoignages pointent l’insécurité comme le principal obstacle au développement du pays et au retour à l’ordre constitutionnel. La mission prioritaire du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) reste donc de rétablir la sécurité avant d’organiser les élections générales, le référendum et de réinstaurer la démocratie.

Officiellement installé comme nouveau coordonnateur du CPT le 7 août, Laurent Saint-Cyr a conduit l’adoption, en Conseil des ministres, de deux mesures clés : la prolongation de l’état d’urgence sécuritaire pour 90 jours dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, ainsi que la nomination d’André Jonas Vladimir Paraison comme directeur général a.i. de la PNH, en remplacement de Rameau Normil.

Ces décisions interviennent dans un contexte où la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer sous la pression croissante des gangs armés. Pour de nombreux citoyens, le CPT a échoué dans sa mission : malgré des changements dits stratégiques, l’insécurité s’aggrave dans tout le pays.

« Il faut que les membres du CPT aient le courage d’admettre leur échec et de se retirer », déclare un citoyen -sous le couvert de l’anonymat- exigeant des solutions concrètes pour rétablir la sécurité. Il redoute déjà un vide institutionnel après le 7 février 2026.

James Pierre Louis*, étudiant en sociologie à l’Université d’État d’Haïti (UEH), affirme ne percevoir aucune volonté politique réelle pour améliorer la sécurité. Selon lui, la situation actuelle permet à un secteur spécifique de maintenir son emprise sur le pays.

Par ailleurs, d’autres citoyens haïtiens affirment ne rien attendre de cette transition en matière de sécurité. « Que voulez-vous qu’ils fassent ? Puisqu’ils ont déjà négocié avec des mercenaires pour rétablir la sécurité et contrôler la fiscalité frontalière », déclare un chauffeur de taxi-moto à Delmas 31. Il ajoute que le contrat de 10 ans avec l’ancien chef de BlackWater, Erik Prince, revient à condamner le pays à une forme de néocolonialisme.

Parallèlement, plusieurs citoyens gardent espoir quant à une issue face à l’insécurité. « La situation ne peut pas rester comme ça ! Quelque chose doit changer », lance une propriétaire d’un appartement à Delmas 40B. « Je reste accrochée à l’idée qu’une solution ne va pas tarder. La situation est grave », ajoute-t-elle.

Il convient enfin de souligner que l’équipe gouvernementale ne bénéficie pas de bons témoignages de la part des citoyens interrogés dans la rubrique « Micro Citoyens ». Certains affirment qu’aucun membre du Conseil présidentiel n’a jamais apporté de résultats concrets en Haïti.

Face à ces constats, ils appellent à une nouvelle approche de la crise sécuritaire et exigent la démission du Conseil présidentiel de transition (CPT). Celui-ci devrait, selon eux, être remplacé par des personnalités honnêtes et crédibles, capables de faire passer l’intérêt national avant toute ambition personnelle. Ils affirment également leur conviction qu’une nouvelle transition est possible, afin de rétablir la sécurité et d’organiser des élections générales d’ici 2028.

W. E.