Dr Joseph Bernard Jr
Port-au-Prince, le 5 février 2026.- Invité sur les ondes de Magik9, le Dr Joseph Bernard Jr dresse un état des lieux alarmant du cancer en Haïti. Environ 13 000 nouveaux cas et plus de 9 000 décès sont enregistrés chaque année, dans un pays dépourvu de registre national du cancer et sans service oncologique public fonctionnel, rendant la prise en charge largement insuffisante.
Selon les estimations basées sur les données du rapport GLOBOCAN, Haïti enregistre chaque année près de 13 000 nouveaux cas de cancer, pour plus de 9 000 décès. Cette forte mortalité s’explique en grande partie par des diagnostics tardifs, souvent au stade de métastase, lorsque les cellules cancéreuses ont déjà envahi d’autres organes comme les poumons, les os ou le foie.
Les cancers les plus répandus
Le cancer touche majoritairement les femmes, qui représentent 80 à 85 % des patients, contre 15 à 20 % d’hommes. Le cancer du sein arrive en tête (40 à 45 % des cas), suivi des cancers gynécologiques, notamment le cancer du col de l’utérus. Chez les hommes, le cancer de la prostate est le plus fréquent. D’autres formes sont également observées : cancers digestifs, du foie, du sang et des ganglions.
Le Dr Bernard souligne que plus de 80 % des cancers sont liés à des facteurs environnementaux et comportementaux : tabagisme, consommation excessive d’alcool, obésité, infections (HPV pour le col de l’utérus, hépatites B et C pour le foie), exposition à des substances nocives. Les facteurs héréditaires ne représentent que 10 à 15 % des cas, ce qui fait de la prévention un levier essentiel.
Un système de soins gravement déficient
La détection précoce, via le dépistage, reste la clé pour augmenter les chances de guérison. Or, seuls quelques cancers peuvent être dépistés efficacement. En matière de traitement, la prise en charge repose sur trois piliers : chirurgie, traitements médicaux (chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie) et radiothérapie. Cette dernière n’existe pas encore en Haïti, rendant les traitements incomplets. Plus grave encore, aucun hôpital public ne dispose actuellement d’un département oncologique, laissant les patients dépendre des cliniques privées et de quelques ONG.
W. A.

























