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Élections en suspens : tensions entre le CEP et la Primature sur fond de pressions politiques

 

Port-au-Prince, le 9 avril 2026.- Le Conseil électoral provisoire a annoncé le report des opérations d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats, prévues pour ce mois d’avril, en lien avec l’application de l’arrêté du 24 mars. Moins de 24h plus tard, une réunion tendue avec l’équipe de la Primature dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, met en lumière des désaccords profonds autour du calendrier électoral, du budget et de la conduite du processus.

Dans sa note de presse du 8 avril 2026, le CEP informe qu’il travaille à l’harmonisation du décret électoral du 1er décembre 2025 avec les articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Cette démarche entraîne le report des opérations d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats, initialement fixées aux 1er et 13 avril. De nouvelles dates restent attendues. L’institution réaffirme son engagement à conduire le processus dans le respect des principes d’inclusivité, d’impartialité et de transparence.

Le 9 avril, une réunion entre le CEP et la Primature s’est déroulée, à la Villa d’Accueil, dans un climat de fortes tensions. L’équipe de la Primature demande l’élaboration d’un nouveau calendrier électoral avec des scrutins projetés pour l’année prochaine, ainsi qu’une réduction du budget électoral. Des échanges jugés durs marquent cette rencontre, avec des rappels à l’ordre adressés aux conseillers électoraux sur leur posture dans la conduite du processus.

Dans le même temps, plusieurs structures politiques proches du Premier ministre exercent des pressions en vue de modifier la composition du Conseil électoral provisoire. Cette situation alimente les préoccupations sur l’équilibre institutionnel et l’autonomie de l’organe électoral.

Alors que le CEP réaffirme son attachement aux normes démocratiques, les tensions avec l’exécutif et l’influence visible d’acteurs politiques sur le processus soulèvent des interrogations majeures sur l’impartialité et la crédibilité des prochaines élections en Haïti.

W. A.