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Glaucome en Haïti : une menace silencieuse qui vole la vue – mais que l’on peut stopper

Le Dr Mike Maingrette

Port-au-Prince, le 20 mars 2026.- Le glaucome, maladie oculaire souvent silencieuse, constitue l’une des principales causes de cécité en Haïti. Lors de son intervention sur Magik 9 ce vendredi 20 mars 2026, le Dr Mike Maingrette du Comité national de la prévention de la cécité (CNPC) a insisté sur l’importance du dépistage précoce, du suivi régulier et de la régulation de la pression intraoculaire pour éviter une perte de vision irréversible, notamment chez les personnes diabétiques et hypertendues.

Une maladie silencieuse mais redoutable

Le glaucome est une affection liée à une mauvaise évacuation du liquide intraoculaire, entraînant une augmentation de la pression dans l’œil. Cette pression endommage progressivement le nerf optique, souvent sans symptômes au début. Résultat : de nombreux patients découvrent la maladie à un stade avancé, lorsque la vision est déjà atteinte.

Selon le Dr Maingrette, il existe plusieurs types de glaucome, mais en Haïti et dans la Caraïbe, les formes les plus fréquentes sont les glaucomes à angle ouvert, qui évoluent lentement et sans douleur.

Diabète, tension et glaucome : un trio à risque

Le spécialiste souligne que les maladies comme le diabète et l’hypertension augmentent considérablement les risques. Une mauvaise régulation des vaisseaux sanguins, combinée à un excès de sucre ou de graisse dans le sang, peut accélérer les lésions du nerf optique.

C’est pourquoi, insiste-t-il, un examen ophtalmologique régulier est indispensable, surtout après 40 ans. Ces consultations permettent non seulement de détecter un glaucome, mais aussi d’identifier d’autres pathologies comme la cataracte ou les complications liées au diabète.

Dépistage et suivi : les clés pour éviter la cécité

Le glaucome ne se guérit pas, mais sa progression peut être ralentie, voire stoppée. Le Dr Maingrette cite des études de long terme démontrant que la baisse de la pression intraoculaire permet de stabiliser la maladie.

Le traitement repose principalement sur :

  • des collyres (gouttes oculaires);
  • des médicaments;
  • ou une intervention chirurgicale.

Cependant, l’objectif n’est pas d’améliorer la vision déjà perdue, mais d’empêcher sa détérioration.

Le défi du coût en Haïti

L’un des principaux obstacles reste l’accessibilité financière. Beaucoup de patients abandonnent le traitement faute de moyens ou par découragement, pensant à tort que les gouttes sont inefficaces parce qu’elles n’améliorent pas immédiatement la vision.

Face à cette réalité, le Dr Maingrette préconise, dans certains cas, la chirurgie comme solution de première intention, plus durable et parfois plus économique à long terme.

Un appel à la prévention

Le message est clair : consulter régulièrement un ophtalmologue peut sauver la vue. Un contrôle tous les deux ans (voire chaque année pour les personnes à risque) est recommandé pour détecter précocement toute anomalie.

En Haïti, où les ressources médicales sont limitées, la sensibilisation et l’éducation restent des outils essentiels pour lutter contre la cécité évitable.

W. A.