Accueil Environnement Biodiversité en danger : un risque économique mondiale majeur désormais identifié

Biodiversité en danger : un risque économique mondiale majeur désormais identifié

 

Bonn, Allemagne, le 10 février 2026.- Un nouveau rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publié le 9 février 2026, alerte sur une menace désormais systémique : la perte de biodiversité ne met plus seulement en péril l’environnement, mais fragilise directement l’économie mondiale, les entreprises et le bien-être humain. Soutenue par l’UNESCO, cette évaluation appelle à une transformation urgente des modèles économiques.

Selon le rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), toutes les entreprises dépendent des services fournis par la nature matières premières, régulation de l’eau, protection contre les inondations ou services culturels, sans en assumer pleinement les coûts environnementaux. Cette déconnexion alimente le déclin accéléré de la biodiversité et expose les économies à des risques financiers et opérationnels croissants.

Le rapport pointe du doigt les incitations économiques actuelles, notamment les subventions nuisibles à l’environnement et les modèles axés sur le profit à court terme, comme principaux moteurs de cette crise. Les experts avertissent que l’accumulation des impacts pourrait franchir des seuils écologiques critiques, compromettant la stabilité des chaînes d’approvisionnement et la rentabilité à long terme des entreprises.

Malgré l’ampleur du défi, l’IPBES souligne que des solutions existent. Toutefois, moins de 1 % des entreprises cotées publient aujourd’hui des données sur leurs impacts sur la biodiversité, tandis que les institutions financières dénoncent un manque de données fiables et d’outils d’analyse.

L’UNESCO, qui a contribué activement au rapport, notamment par l’intégration des savoirs autochtones et locaux, salue cette évaluation comme un levier essentiel pour l’action collective. Des initiatives positives sont mises en avant, à l’image du partenariat entre l’UNESCO et le groupe LVMH, engagé dans la conservation de la biodiversité et le développement de modèles économiques durables, notamment en Amazonie.

Pour l’IPBES, seule une refonte des mécanismes d’évaluation, des incitations économiques et des pratiques financières permettra de concilier activité économique, protection de la nature et bien-être humain.

W. A.