La militante des droits humains, Guerline Jozef
Washington, le 4 février 2026.- Près de 500 000 Haïtiens bénéficiaires du Statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis ont obtenu un sursis crucial après la décision, le 3 février 2026, de la juge fédérale Ana C. Reyes bloquant la tentative de l’administration Trump de mettre fin au programme. Invitée sur Magik 9 ce mercredi 4 février, la militante des droits humains Guerline Jozef a salué cette victoire judiciaire tout en avertissant : le combat est loin d’être terminé.
Un soulagement temporaire pour des centaines de milliers d’Haïtiens
La décision de la juge Ana C. Reyes a suspendu la résiliation du TPS, protégeant ainsi près d’un demi-million de ressortissants haïtiens contre la déportation. Pour Guerline Jozef, directrice exécutive du Haitian Bridge Alliance, cette décision offre un répit nécessaire, mais fragile. « Pendant que les Haïtiens soufflent, nous, nous ne soufflons pas. La bataille continue », a-t-elle martelé à l’antenne de Magik 9.
Une victoire collective portée par des visages haïtiens
Guerline Jozef a tenu à souligner le rôle déterminant des cinq plaignants haïtiens ayant porté plainte contre l’administration Trump : scientifiques, infirmiers, ingénieurs, étudiants. Leurs témoignages ont permis de démontrer que les bénéficiaires du TPS sont des acteurs essentiels de l’économie et de la société américaines. La juge Reyes a d’ailleurs rejeté les stéréotypes véhiculés par certains responsables politiques, soulignant que ces Haïtiens ne sont ni des « parasites » ni des « profiteurs ».
Une administration prête à contre-attaquer
Malgré cette décision judiciaire, le Département de la sécurité intérieure (DHS) a vivement réagi, qualifiant le jugement « d’activisme judiciaire illégal » et laissant planer la menace d’un recours devant la Cour suprême. Pour Guerline Jozef, cette posture confirme la nécessité de maintenir la mobilisation politique, juridique et citoyenne.
Haïti, un pays toujours jugé dangereux
La militante rappelle que les États-Unis maintiennent Haïti au niveau 4 de l’alerte « ne pas voyager », en raison de la violence extrême des gangs. Les chiffres avancés par l’ONU, plus de 8 000 homicides et des milliers de violences sexuelles, rendent, selon elle, toute tentative de déportation irresponsable et inhumaine.
Au-delà de la bataille judiciaire, Guerline Jozef appelle à une solution permanente pour les bénéficiaires du TPS. Plus de 300 organisations ont déjà adressé une lettre au président américain pour réclamer une nouvelle désignation du programme, en attendant une réforme migratoire plus stable. « Men n anpil chay pa lou », rappelle-t-elle, convaincue que la solidarité finira par l’emporter.
W. A.






















