Accueil International Accord UE-Mercosur : Lula met l’Europe face à ses responsabilités

Accord UE-Mercosur : Lula met l’Europe face à ses responsabilités

©️AFP

Réuni à Foz de Iguaçu ce 20 décembre, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a exhorté l’Union européenne à faire preuve de « courage politique » pour finaliser l’accord de libre-échange UE-Mercosur, après un nouveau report de signature. Malgré 26 ans de négociations et des concessions du bloc sud-américain, les réticences européennes, notamment liées aux protestations agricoles freinent encore l’aboutissement du traité.

À l’ouverture du sommet du Mercosur, Lula da Silva a dénoncé l’enlisement d’un accord jugé « équilibré » par les pays sud-américains. « Sans volonté politique et sans courage, il sera impossible de conclure une négociation qui dure depuis 26 ans », a-t-il martelé, rappelant que le Mercosur avait accepté des quotas agricoles et un mécanisme de sauvegarde, tout en préservant la réciprocité.

Le président brésilien a toutefois évoqué une fenêtre d’opportunité : une lettre reçue des présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, exprimant l’espoir d’une approbation en janvier. Initialement attendue ce samedi, la signature a été repoussée face à la pression des agriculteurs européens, particulièrement en France et en Italie, où des manifestations ont éclaté contre l’ouverture accrue du marché européen aux produits agricoles sud-américains.

Si Paris juge encore « trop tôt » d’acter la signature, Lula estime que la France ne pourra pas bloquer seule l’accord. Il affirme également que la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, serait prête à l’accepter début janvier. Côté Mercosur, l’impatience grandit : le Paraguay, qui s’apprête à prendre la présidence tournante du bloc, a averti que la patience sud-américaine a des limites, alors qu’aucune date officielle n’a été confirmée pour une signature en janvier.

L’accord UE-Mercosur ouvrirait davantage le marché sud-américain aux exportations européennes: véhicules, machines, vins et spiritueux, tout en facilitant l’accès au marché européen pour la viande, le sucre, le riz, le miel et le soja du Mercosur, un point de crispation majeur pour les filières agricoles de l’UE.

W. A. avec AFP