Accueil International Washington accueille Ahmad Al-Charaa : un tournant inédit dans les relations Syrie–États-Unis

Washington accueille Ahmad Al-Charaa : un tournant inédit dans les relations Syrie–États-Unis

©️Le Journal de Montréal

Le président intérimaire syrien Ahmad Al-Charaa est arrivé à Washington le samedi 8 novembre 2025 pour la première visite bilatérale d’un chef d’État syrien aux États-Unis depuis 1946. Accueilli par Donald Trump à la Maison-Blanche le lundi 10 novembre, il cherche à consolider l’alliance avec Washington et à obtenir un soutien pour la reconstruction du pays après 14 ans de conflit.

Arrivé à Washington le samedi 8 novembre dernier, Ahmad Al-Charaa marque un tournant diplomatique majeur pour la Syrie. Ancien chef djihadiste et dirigeant de la coalition islamiste qui a renversé Bachar Al-Assad en décembre 2024, il a désormais pour objectif d’intégrer son pays dans les initiatives internationales de lutte contre le terrorisme et de reconstruction. Sa rencontre avec Donald Trump symbolise le réchauffement des relations entre Damas et Washington et la transformation spectaculaire de son profil politique.

La visite s’inscrit dans un contexte de normalisation progressive des relations entre la Syrie et l’Occident. Récemment retiré de la liste noire américaine du terrorisme et bénéficiant de la levée des sanctions de l’ONU, M. Charaa doit signer un accord d’intégration à la coalition antidjihadiste dirigée par les États-Unis. Les autorités syriennes ont mené 61 raids et procédé à 71 arrestations contre des cellules dormantes de l’EI dans différentes régions (Alep, Idlib, Hama, Homs, Deir ez‑Zor, Raqqa, Damas).

La visite inclut également des discussions sur le financement de la reconstruction, estimé à 216 milliards de dollars selon la Banque mondiale, ainsi que sur les relations bilatérales et les dossiers régionaux et internationaux. Les États-Unis envisagent par ailleurs l’installation d’une base militaire près de Damas, renforçant leur présence stratégique dans le pays.

Des analystes du “Washington Institute” notent que le nouveau gouvernement syrien adopte une posture plus alignée sur les intérêts américains et moins sur l’axe iranien, mais que de nombreux défis restent à relever pour une stabilisation durable.

La visite d’Ahmad Al-Charaa à la Maison-Blanche constitue un moment historique pour la Syrie et les relations internationales. Elle illustre la métamorphose d’un ancien chef djihadiste en acteur étatique reconnu sur la scène mondiale et ouvre la voie à une coopération accrue entre Damas et Washington dans la lutte contre le terrorisme et la reconstruction du pays. Toutefois, la stabilité durable dépendra de la capacité du nouveau gouvernement à réformer son appareil politique et à répondre aux attentes internes et régionales.

R.J. avec Radio-Canada