« Aux douze coups de minuit, la carrosse s’est transformée en citrouille, le cocher en chien, les chevaux en souris, et la princesse est redevenue Cendrillon… »
Trop beau pour être vrai, diront certains. Comme si l’on cherchait toujours à effacer la joie de nos visages. Les attaques fusent de toutes parts pour minimiser nos efforts, voire nos prouesses depuis l’Indépendance de 1804. Pour la deuxième fois en 2025, Haïti, par sa sélection nationale de football, vient d’inviter toute une nation à la cour royale pour le grand bal des prétendants. Notre présence dérange déjà, elle suscite des jalousies, alors même que nous n’avons pris la place de personne. Ce ne sera pas un bal masqué : tout le monde sera à visage découvert, avec les mêmes chances.
Pourquoi cet acharnement soudain ?
La question demeure : pourquoi, lorsque les filles et les fils de cette nation s’unissent, les autres tremblent-ils de peur ? Il existe une raison profonde, un secret enfoui ; à nous de le découvrir dans la sérénité, dans l’esprit du tèt ansanm.
Nous ne souhaitons pas une joie éphémère, ni un retour aux lamentations. Nous voulons une joie durable, qui traverse le temps, une joie transmise aux générations futures.
Nos épaulettes, nous les avons gagnées sur les champs de bataille. Nous sommes des combattantes et des combattants ; nous sommes une nation, non un clan. Notre destinée est unique, universelle, extratemporelle. Et comme notre destinée, notre joie ne saurait être de courte durée, elle ne s’arrêtera pas aux douze coups de minuit, comme celle de Cendrillon.
Raphaël Theoma Daniel

























