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Rio de Janeiro, le 25 septembre 2025.- L’Assemblée législative de Rio de Janeiro a adopté une loi rétablissant une prime pour les policiers impliqués dans la « neutralisation » de criminels. Réprouvée par les défenseurs des droits humains, cette mesure, surnommée « prime du Far-West », doit encore être promulguée par le gouverneur Claudio Castro. Elle pourrait accorder aux agents jusqu’à 150 % de leur salaire en bonus, ravivant le spectre des années 1990 marquées par une explosion des morts lors d’opérations policières.
L’Assemblée législative de l’État de Rio de Janeiro a approuvé, mardi soir, un texte qui autorise le versement de primes aux policiers en cas de saisie d’armes lourdes ou de « neutralisation de criminels ». Cette mesure, validée à une large majorité, doit encore être promulguée dans les quinze jours par le gouverneur Claudio Castro, proche de l’ex-président Jair Bolsonaro.
Selon le projet de loi, les agents de la Police civile pourraient recevoir une prime comprise entre 10 % et 150 % de leur salaire. Pour ses détracteurs, ce dispositif risque de transformer la violence en instrument de politique publique. « Cette prime stimule la violence et transforme la mort en politique », a dénoncé sur X le député fédéral Henrique Vieira.
Une mesure similaire avait déjà existé entre 1995 et 1998, avant d’être supprimée face à la hausse alarmante du nombre de morts lors d’interventions. Dans les années 1990, la police militaire héritée de la dictature brésilienne (1964-1985) bénéficiait également de ce type de prime.
Rio de Janeiro reste aujourd’hui l’un des États les plus touchés par la violence urbaine au Brésil. Les interventions policières musclées dans les favelas, dominées par les réseaux de narcotrafiquants, se soldent fréquemment par des morts, suscitant l’inquiétude croissante des défenseurs des droits humains, qui redoutent désormais un « massacre généralisé » motivé par l’appât du gain.
W. A.


























