Pétion-Ville, le 23 août 2026.- Dans une Haïti confrontée à une crise profonde, la reconstruction ne peut pas se limiter aux infrastructures, à la sécurité ou aux institutions. Elle doit aussi passer par l’éducation, la transmission des valeurs, la culture, le développement des talents et la formation de citoyens capables de participer à la transformation de leur pays. C’est dans cette perspective que s’inscrit RENVAH, la Renaissance des Valeurs d’Haïti, une nouvelle association à but non lucratif qui entend placer les valeurs humaines et haïtiennes au cœur de son action.
Fondée le 7 mai 2026 et officiellement lancée le 16 août dernier, RENVAH se présente comme une organisation engagée dans la promotion de la culture haïtienne, des valeurs morales, de l’éducation, des compétences et du développement des talents. Selon les informations communiquées par la structure, elle est aujourd’hui reconnue auprès du Ministère des Affaires sociales et du Travail. Son projet intervient dans un contexte où les jeunes et les enfants sont particulièrement exposés aux conséquences de la violence, de la pauvreté, des déplacements et des perturbations du système éducatif. L’UNICEF estime qu’en juin 2026, quelque 2,8 millions d’enfants en Haïti avaient besoin d’une aide humanitaire et que plus de 1 600 écoles avaient été fermées durant l’année scolaire 2024-2025.
RENVAH veut donc agir sur un terrain qui dépasse l’urgence. L’association entend sensibiliser les parents, les adolescents et les jeunes à l’importance des valeurs, de la responsabilité, de l’éducation et de la solidarité. Elle ambitionne également de contribuer à l’égalité et à la justice sociales, à l’unité et au développement durable. Ses principales initiatives comprennent des formations, des visites touristiques destinées notamment à mieux faire connaître le patrimoine national, une émission en ligne consacrée à l’instruction, à la formation et à l’éducation, ainsi que la création d’une bibliothèque et d’un espace physique de dialogue pour les jeunes. Cette orientation rejoint un constat largement partagé dans le secteur éducatif : l’éducation doit contribuer à façonner les connaissances, les comportements et les valeurs des nouvelles générations.
L’organisation adopte par ailleurs un mode de fonctionnement particulier. Sa direction repose sur une approche ad hoc, dans laquelle chaque membre peut, à un moment donné, être appelé à exercer des responsabilités. RENVAH présente cette méthode comme un moyen de favoriser l’apprentissage du leadership, la participation et la responsabilité collective. Sur le plan politique, l’association affirme son caractère apolitique. Elle ne se réclame d’aucun parti et se dit disposée à collaborer avec d’autres organisations lorsque ces collaborations servent l’intérêt collectif et la reconstruction d’Haïti.
À la coordination générale se trouve Mme Jérôme Gesline, présentée comme une jeune femme dynamique et responsable. Elle porte cette initiative avec une forte conviction personnelle et une profonde foi en Dieu. Son engagement religieux constitue, selon son entourage et la présentation de la structure, l’un des éléments qui nourrissent sa conception du service, de la responsabilité et de l’engagement communautaire. À travers RENVAH, elle entend encourager une génération plus consciente de ses responsabilités, plus attachée à son patrimoine et mieux préparée à participer à la construction du pays.
Le défi reste considérable. La crise haïtienne a déjà provoqué d’importantes perturbations dans l’éducation, les déplacements de populations et l’accès aux services essentiels. L’UNICEF souligne que près de 1,5 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays à la fin de 2025 et que près de 5,7 millions de personnes faisaient face ou risquaient de faire face à une forte insécurité alimentaire aiguë au début de juin 2026. Dans ce contexte, les initiatives qui investissent dans l’éducation, la culture, les compétences et la participation des jeunes prennent une importance particulière.
Avec RENVAH, ses initiateurs veulent ainsi défendre une idée simple : la reconstruction d’Haïti doit aussi commencer par la reconstruction de l’être humain. Restaurer les valeurs, développer les talents, transmettre la culture et créer des espaces de dialogue peuvent constituer des leviers pour préparer une génération capable de prendre part à la transformation du pays. La jeune organisation devra désormais transformer cette ambition en résultats concrets et durables. Son lancement marque une première étape. Le véritable défi sera de faire de la renaissance des valeurs un engagement quotidien au service de la société haïtienne.
W. A.



























