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Loi HOPE/HELP: le dernier espoir repose sur décembre

 

Port-au-Prince, le 3 octobre 2025.- L’expiration de la loi Hope/Help, le 30 septembre dernier, menace directement 20 000 emplois dans le secteur textile haïtien, déjà fragilisé. L’industriel Georges Sassine, ancien président de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH), appelle à maintenir la mobilisation jusqu’au 19 décembre, ultime fenêtre politique pour espérer sauver une industrie vitale pour l’économie nationale et la stabilité sociale.

Un secteur déjà à genoux

« La loi a expiré à minuit, le 30 septembre », a confirmé Georges Sassine sur Magik9. Malgré les démarches entreprises depuis l’administration de feu Jovenel Moïse, l’industrie textile, qui employait 27 000 personnes, ne fonctionne plus qu’à 20 % ou 50 % de sa capacité. Caracol est passé de 12 000 travailleurs à 2 600, tandis que Port-au-Prince n’en compte plus que 7 000.

Les usines ferment, réduisent les contrats et les investissements financés par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et les États-Unis risquent de devenir des « éléphants blancs ». Seule l’entreprise coréenne Codevie maintient partiellement ses activités, mais la majorité de ses usines reste inactive.

Washington détient la clé

Au Congrès américain, aucune opposition frontale au renouvellement n’a été constatée, mais la décision dépend de la Maison Blanche, alignée sur la politique commerciale de Donald Trump. L’ancien sénateur Marco Rubio, défenseur du programme par le passé, pourrait intervenir. Mais, souligne Sassine, « la politique américaine est désormais imprévisible et Haïti reste marginale dans les priorités de Washington ».

Au-delà de l’économie, c’est la stabilité d’Haïti qui est en jeu. « Si l’ONU nous garantit la sécurité aujourd’hui, l’absence de travail demain nous poussera à retourner dans les gangs », avertit Sassine. Le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert Ramdin, appelle lui aussi à la reconduction du programme, estimant que plus d’un million de familles dépendent de ces emplois.

W. A.