Accueil Éditorial Le rêve américain, le rêve haïtien…

Le rêve américain, le rêve haïtien…

 

Nous sommes tous séduits par l’idée du rêve américain ; ce n’est plus un secret. Une vitrine derrière laquelle nos yeux brillent face à des images de bonheur imprimées dans notre imaginaire collectif. Et nous nous engageons à tout tenter pour vivre dans cet eldorado géant. Cette attraction a depuis longtemps tué tout élan de nationalisme chez nous, en Haïti. Nous n’avons plus de rêves pour ce pays ; notre descente aux enfers depuis quatre décennies en est la preuve.

Comme un fleuve tranquille, nous suivons le lit de notre déchéance vers l’océan de l’humiliation et de l’indifférence. Aucune digue morale, aucun barrage de la raison ne semblent pouvoir contenir cette poussée de peur, cette vague de frustration vers d’autres rives.

Et pourtant, Haïti fut le rêve, la destination convoitée. Elle incarnait la liberté, le respect et la fierté. Son nom résonnait dans les cœurs lorsqu’on évoquait la bravoure, la résistance, l’exotisme, la beauté, l’enchantement, le bien-être, le paradis et l’autodétermination.

Depuis quand avons-nous cessé de briller ? Depuis quand le rêve s’est-il transformé en cauchemar ?
Serait-il encore possible de rêver… et de faire rêver ?

Raphaël Théoma Daniel