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Paris, le 4 novembre 2025.- L’écrivain français Laurent Mauvignier vient d’être sacré lauréat du Prix Goncourt 2025 pour son roman La Maison vide (Éditions de Minuit), ce mardi 4 novembre 2025. Deux mois plus tôt, le même livre avait déjà remporté le Prix littéraire Le Monde. Une double consécration pour un auteur qui, depuis vingt-cinq ans, construit une œuvre exigeante sur la mémoire, la honte et la transmission.
Dans le célèbre restaurant Drouant, à Paris, en France, l’Académie Goncourt a décerné son prestigieux prix à Laurent Mauvignier pour La Maison vide. Un roman ample et silencieux, traversé par les ombres familiales et les secrets enfouis. Cette récompense vient couronner une année exceptionnelle : le 3 septembre dernier, Mauvignier avait déjà remporté le Prix littéraire Le Monde, décerné sur le campus des Cordeliers, à Paris. Deux prix majeurs, à deux mois d’intervalle, pour le même livre : un événement rare dans l’histoire littéraire française.
Un roman de la mémoire et du silence
La Maison vide raconte l’histoire d’une demeure abandonnée depuis vingt ans, rouverte par le père du narrateur. Dans cette maison figée, chaque objet un piano, une médaille, une photo découpée devient un témoin du passé. À travers quatre générations, Mauvignier explore les hontes, les secrets, la filiation et le poids du silence. L’écriture, dense et immersive, plonge le lecteur dans la mémoire collective, où l’intime rejoint l’Histoire.
Depuis ses débuts aux Éditions de Minuit, Mauvignier s’est imposé comme l’un des romanciers les plus puissants de sa génération. Son style long souffle, attention au non-dit, regard sur la douleur et la dignité l’a fait comparer à Claude Simon ou à Faulkner. Avec La Maison vide, il signe son dixième roman et atteint, selon le jury du Monde, le sommet de son art . Pour le jury Goncourt, présidé par Didier Decoin, le texte est une œuvre d’une intensité rare, où la littérature affronte la mémoire comme un miroir brisé.
Avant cette double victoire en 2025, Mauvignier avait déjà reçu : le Prix Fénéon (2000) pour Loin d’eux, le Prix Wepler et le Prix Livre Inter (2001) pour Apprendre à finir, le Prix du roman Fnac (2006) pour Dans la foule, le Prix des Libraires (2010) pour Des hommes. Mais le Goncourt, souvent considéré comme le graal des lettres françaises, consacre définitivement un parcours d’écrivain à la fois discret, profond et constant.
Le Prix Le Monde, attribué le 3 septembre 2025, avait déjà mis en avant la puissance du roman, saluant une fresque familiale habitée par la mémoire et la honte. Le Prix Goncourt, lui, élargit la reconnaissance à l’échelle internationale : des maisons d’édition étrangères ont déjà acquis les droits de traduction, et les ventes dépassent désormais les 200 000 exemplaires en France.
Laurent Mauvignier entre aujourd’hui dans le cercle restreint des grands écrivains français consacrés par le Goncourt. Avec La Maison vide, il signe une œuvre monumentale sur la transmission et le silence, où chaque page semble fouiller l’âme humaine. Deux prix majeurs pour un même roman : 2025 restera comme l’année Mauvignier, celle où la littérature française a célébré, à travers lui, le pouvoir du souvenir et de la parole retrouvée.
R. J. Avec Le monde





























