André “Dadou” Pasquet
Port-au-Prince, le 26 novembre 2025.- Invité à l’émission Panel Magik, l’artiste martiniquais Nestor Azerot a livré un témoignage bouleversant sur ses 45 années de collaboration et d’amitié avec le guitariste haïtien Dadou Pasquet. Il a évoqué une relation « fusionnelle » et l’héritage d’un musicien dont l’œuvre, selon lui, doit impérativement être préservée. De son côté, Marguerite “Magguie” Rigaud, ancienne manager de Magnum Band, a appelé à honorer davantage la mémoire d’un homme qu’elle décrit comme « respectueux, cultivé et profondément discret ».
L’émotion était palpable sur le plateau. Auteur-compositeur et membre historique de Magnum Band, Nestor Azerot est revenu avec intensité sur ce lien fraternel qui aura marqué toute sa carrière. « Dadou et moi, on a été comme peau et chemise », a-t-il confié, soulignant le talent exceptionnel et l’humanité du musicien disparu. « Il a inspiré énormément de guitaristes… Il recevait, de son vivant, de nombreux témoignages d’admiration », a-t-il ajouté.
L’artiste martiniquais a également relaté avec émotion le dernier échange entre eux : « On a passé 45 ans comme des frères… jusqu’à mardi dernier, quand il m’a appelé pour me dire au revoir. » Évoquant l’héritage artistique de Dadou Pasquet, Azerot estime que sa musique parle d’elle-même : « On n’a pas besoin de se creuser les méninges. Il faut préserver et transmettre ses œuvres. »
Il a confirmé que Magnum Band continuera d’interpréter le répertoire de son leader, conformément à ses dernières volontés.
Présente sur le plateau, Marguerite “Magguie” Rigaud a livré un portrait tout aussi émouvant du guitariste.
« C’était un homme respectueux, de grand cœur, responsable, cultivé et, malgré une immense carrière, d’une grande timidité », a-t-elle rappelé.
Elle a toutefois regretté le manque de reconnaissance dont il a bénéficié en Haïti : « Dadou n’a pas été honoré à sa juste valeur dans son pays, alors qu’il était profondément aimé dans les Antilles. »
Dadou Pasquet laisse derrière lui un héritage musical majeur et le souvenir d’un artiste généreux, dont l’influence s’étend bien au-delà des frontières haïtiennes.
W. A.



























