©️Pierre Michel Jean/AFP
Port-au-Prince, le 2 octobre 2025.- Entre 270 000 et 500 000 armes à feu illégales circulent actuellement en Haïti, selon un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Ces chiffres alarmants illustrent l’ampleur du trafic, devenu l’un des moteurs principaux de la crise sécuritaire que traverse le pays.
Cette prolifération renforce considérablement le pouvoir des gangs armés, qui, dans plusieurs zones, surpassent l’autorité de l’État. Enlèvements, affrontements meurtriers, extorsions : les armes sont devenues l’outil central d’un climat de terreur qui paralyse les populations et freine toute activité économique.
Les forces de sécurité, mal équipées et peu nombreuses, peinent à faire face. L’Organisation des Nations Unies (ONU) plaide pour une réponse rapide et coordonnée incluant un contrôle renforcé des frontières, la coopération régionale et internationale, ainsi qu’un démantèlement actif des réseaux de trafic.
La majorité de ces armes ne sont pas produites localement. Elles proviennent en grande partie des États-Unis, transitant par voie maritime ou via d’autres îles caribéennes, en exploitant la corruption et les failles des systèmes douaniers. D’autres proviennent de détournements au sein d’arsenaux officiels ou d’entreprises de sécurité privée.
Sans stratégie nationale durable ni soutien international solide, Haïti restera exposé à un flux d’armes qui alimente une violence structurelle. Stopper ce trafic exige une action ferme, un engagement politique réel et une mobilisation conjointe des partenaires régionaux pour restaurer l’ordre et l’espoir.
W. E.




























