Accueil Société Devenir leader : plus qu’un titre, un travail sur soi

Devenir leader : plus qu’un titre, un travail sur soi

 

Port-au-Prince, le 22 novembre 2025.- Lors d’une séance de formation organisée par Leader de demain et The Challengers, le dimanche 16 novembre, le communicateur et journaliste GeorGes C. Allen a livré une réflexion profonde sur les fondements du leadership. Selon lui, être dirigeant n’a rien à voir avec le fait d’être leader : le leadership s’apprend, se pratique et repose sur la maîtrise de soi, la vision et la capacité d’inspirer. Il invite la jeunesse à transformer ses connaissances en actions concrètes pour devenir les acteurs du changement.

Pour GeorGes C. Allen, le leadership commence par une prise de conscience personnelle. « Diriger ne suffit pas pour être leader », rappelle-t-il. Le dirigeant impose, mais le leader influence. Le premier agit par statut, le second par exemplarité. Cette distinction est, selon lui, la base du développement personnel de tout jeune ambitionnant de guider les autres. « Le leadership, c’est d’abord une transformation intérieure », insiste-t-il.

Écoute, humilité et vision : les trois piliers du leadership

L’intervenant a mis l’accent sur trois compétences essentielles : l’écoute, l’humilité et la vision. Trop de dirigeants, dit-il, utilisent le pouvoir comme un moyen de domination. Le leader authentique, lui, consulte, reconnaît ses limites et prépare l’avenir. Il pense au long terme, au-delà de sa personne, de son poste ou de sa période d’influence. « Un leader voit ce que les autres ne voient pas encore », explique-t-il.

Le piège de l’ego : un frein majeur au développement individuel

M. Allen a dénoncé le poids de l’ego dans la société haïtienne. De la caissière au petit chef de bureau, chacun utilise parfois son autorité pour rappeler qu’il contrôle une situation. Or, souligne-t-il, l’ego mal maîtrisé bloque l’apprentissage, l’écoute et la collaboration. Le leadership exige au contraire la discipline émotionnelle et la capacité de remettre en question ses propres comportements. « Le plus grand ennemi du leader, c’est lui-même », affirme-t-il.

La jeunesse entre potentiel et responsabilité

Dans son intervention, GeorGes C. Allen a particulièrement interpellé les jeunes participants. Pour lui, la jeunesse représente une période d’énergie, de créativité et de construction. Mais elle doit apprendre à convertir ses savoirs théoriques, conférences, études, débats, en actions mesurables. « Nous avons beaucoup de diplômés, mais nous manquons de leaders », dit-il, exhortant la jeunesse à développer des compétences utiles, à prendre des initiatives et à s’engager dans la transformation sociale.

Du dirigeant au leader : un passage exigeant

L’orateur a conclu que la différence entre un dirigeant et un leader réside dans la capacité à anticiper, déléguer et structurer une vision durable. Un vrai leader prépare la relève, distribue les responsabilités et crée un système qui fonctionne même en son absence. Il ne cherche pas le contrôle absolu, mais la construction collective. « Le leadership, c’est laisser quelque chose qui continue sans vous », rappelle-t-il.

W. A.