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Décret sur la Haute Cour de justice : Me Guerby Blaise alerte contre un texte « au service d’intérêts personnels »

Me Guerby Blaise

Invité à l’émission Panel Magik sur Radio Magik 9, ce mardi 30 décembre 2025, Me Guerby Blaise a vivement critiqué l’ébauche du décret portant fonctionnement de la Haute Cour de justice. Il dénonce l’absence de « travail intellectuel de fond », un texte qu’il juge taillé sur mesure pour des intérêts politiques personnels, et qu’il considère comme une menace grave pour l’État de droit. L’homme de loi révèle avoir refusé de valider le document et averti le conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire qu’il se retirerait du dossier en cas de signature.

Un décret sans fondement doctrinal solide

Selon Me Guerby Blaise, le projet de décret repose sur une simple adaptation mécanique des articles 186 et 189 de la Constitution, sans réflexion juridique approfondie ni cohérence institutionnelle.
« Les rédacteurs ont utilisé ces articles et les ont adaptés à une situation, au service d’intérêts personnels des autorités politiques », déclare-t-il, mettant en cause la légèreté méthodologique et l’arrière-pensée politique du texte.

Une menace directe pour l’État de droit

Pour l’homme de loi, cette démarche de l’exécutif constitue un danger structurel pour la justice haïtienne. En fragilisant le cadre normatif de la Haute Cour de justice, le décret risque, selon lui, de saper l’indépendance judiciaire et de compromettre la pérennité de l’État de droit.

Le devoir de l’avocat face au pouvoir

Me Guerby Blaise rappelle que l’un des rôles fondamentaux de l’avocat est la protection de l’État de droit, y compris lorsque cela implique de s’opposer aux autorités politiques.

« À chaque fois que que l’État de droit est menacé, le juriste se doit d’en réclamer le respect, quitte à heurter les intérêts personnels des dirigeants », insiste-t-il sur les ondes de Magik 9.

Refus de validation et avertissement politique

Invoquant le principe de désintéressement, Me Blaise affirme s’être opposé frontalement au projet. Il révèle avoir clairement signifié au conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire que la signature du décret entraînerait son retrait immédiat du dossier.
« Je ne voulais pas valider un texte qui vise à détruire la justice », explique-t-il.

Au-delà de sa position personnelle, la prise de parole de Me Guerby Blaise ouvre un débat plus large sur la fabrication normative en Haïti, le respect des principes constitutionnels et la tentation de l’exécutif de façonner les institutions à des fins conjoncturelles.

W. A.