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Crise diplomatique : Pierre Antoine Louis juge « inopportune » l’expulsion du chargé d’affaires américain malgré des menaces alléguées

 

Port-au-Prince, 29 novembre 2025.- Le diplomate haïtien Pierre Antoine Louis estime qu’il n’est pas opportun de déclarer persona non grata le chargé d’affaires américain en Haïti, en dépit des messages controversés rendus publics par le Conseiller-Président Fritz Alphonse Jean, qui affirme avoir reçu des menaces via WhatsApp. Invité de l’émission animée par Marie Lucie Bonhomme sur Télé Pluriel, le vendredi 28 novembre, Pierre Antoine Louis dénonce un pays « capturé par des mafieux » et appelle à la fin de la mainmise internationale, tout en plaidant pour une unité politique nationale.

Sur le plateau de Télé Pluriel, le diplomate a réagi aux révélations du Conseiller-Président, qui a diffusé des messages attribués au chargé d’affaires américain en Haïti, Henry Wooster, laissant entendre des menaces directes à son encontre.

Pour Pierre Antoine Louis, si de tels faits sont avérés, ils constituent une grave violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Toutefois, estime-t-il, les États-Unis demeurent un partenaire stratégique incontournable pour Haïti, rendant toute décision d’expulsion « à la fois inopportune et risquée » dans le contexte actuel.

L’ancien diplomate rappelle que la responsabilité première de la sécurité nationale et de la gouvernance incombe aux Haïtiens eux-mêmes. Selon lui, la crise que traverse le pays dépasse le simple cadre diplomatique. « Le pays n’est plus gouverné, il est capturé par des mafieux associés à une cabale de mondialistes internationaux », a-t-il affirmé, mettant en garde contre une perte progressive de souveraineté.

Pierre Antoine Louis appelle ainsi à mettre fin à la mainmise de la communauté internationale sur les affaires haïtiennes et exhorte la classe politique à une prise de conscience collective. Il estime que seule une mobilisation et une unité nationales permettront de remettre le pays sur les rails et de rétablir l’autorité des institutions.

Concernant l’échange WhatsApp attribué au représentant américain, il rappelle qu’« un ambassadeur ou chargé d’affaires qui adresse un message de menace à un haut responsable de l’exécutif viole gravement la Convention de Vienne ». Il préconise des démarches diplomatiques formelles, tout en appelant à la prudence, dans un contexte où chaque décision pourrait aggraver la crise politique et institutionnelle.

W. A.