Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance
Port-au-Prince, le 26 août 2026.- Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, dans un entretien accordé ce mercredi 26 août à l’émission Panel Magik sur Magik 9, dénonce de graves défaillances dans la réponse des autorités face à l’attaque meurtrière survenue à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août. S’appuyant sur les informations recueillies auprès de familles et de personnes présentes dans la zone, il a notamment mis en cause le retrait d’un véhicule blindé, l’absence de renforcement du dispositif policier et les faiblesses persistantes du système judiciaire.
Selon Pierre Espérance, le RNDDH poursuit la collecte d’informations sur les événements de Kenscoff et a déjà établi des contacts avec des habitants et des familles touchées. Il affirme qu’un véhicule blindé avait été stationné dans une zone stratégique afin de protéger le commissariat et de prévenir les attaques des groupes armés, avant d’être retiré environ une semaine avant l’offensive.
Le directeur exécutif du RNDDH estime que ce retrait aurait dû être compensé par le déploiement d’un autre blindé ou d’une unité spécialisée, surtout après les menaces d’attaquer Kenscoff proférées publiquement sur les réseaux sociaux. Pour lui, les autorités disposaient d’éléments permettant d’anticiper une éventuelle offensive et doivent expliquer les raisons de la modification du dispositif de sécurité.
Pierre Espérance soulève également des interrogations sur la coordination au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH), le fonctionnement de son haut commandement et l’utilisation des renseignements disponibles. Il s’interroge notamment sur une éventuelle indiscipline, sur les moyens opérationnels disponibles et sur les mécanismes de contrôle permettant d’évaluer les décisions prises sur le terrain.
Sur le plan judiciaire, le responsable du RNDDH dénonce une situation qu’il juge particulièrement préoccupante. Il accuse certains magistrats de contribuer à l’impunité en permettant la libération de personnes arrêtées par la police, parfois au terme de procédures contestables. Selon lui, les efforts des policiers sont ainsi compromis lorsque les dossiers transmis à la justice n’aboutissent pas.
Pierre Espérance appelle donc les autorités à assumer leurs responsabilités et à renforcer la cohésion entre la PNH et la justice. Il estime également nécessaire de consolider les zones où la police a récemment enregistré des avancées, notamment dans certains secteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince, afin d’empêcher les groupes armés de reprendre du terrain.
Le responsable du RNDDH considère enfin que la réponse à la crise sécuritaire ne peut se limiter à des changements de responsables au sein de la PNH. Il réclame davantage de cohérence, de moyens, de renseignements et de volonté politique pour permettre aux unités déployées sur le terrain de maintenir les acquis et de prévenir de nouvelles attaques.
W. A.



























