Le leader du parti Fòs Chanjman Nasyonal, Auguste D’Meza, critique vivement le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), qu’il accuse de réduire la crise haïtienne à une succession de statistiques sur les morts, les blessés et les victimes de violences sexuelles. Sa réaction intervient après la publication, le mardi 25 août, d’un nouveau bilan du BINUH faisant état d’au moins 1 408 personnes tuées et 656 blessées au cours du deuxième trimestre 2026, ainsi que de 796 victimes de viols liés aux gangs. D’Meza dénonce ainsi ce qu’il considère comme une absence d’empathie et va jusqu’à qualifier le BINUH de « bureau inutile des Nations unies en Haïti ».
Pourtant, le mandat du BINUH ne consiste pas à assurer directement la sécurité de la population ni à fournir des soins médicaux. Créé en 2019 comme mission politique spéciale, le Bureau est chargé notamment de conseiller les autorités haïtiennes sur la stabilité politique, la bonne gouvernance et l’État de droit, de faciliter le dialogue national, de promouvoir et protéger les droits humains et de contribuer au renforcement des institutions, notamment la Police nationale et le système judiciaire. Son mandat, renouvelé par le Conseil de sécurité jusqu’au 31 janvier 2027, prévoit également un rôle en matière de violences sexuelles et de protection de l’enfance.
La prise de position d’Auguste D’Meza survient alors que l’efficacité de la présence des Nations unies en Haïti continue de susciter des interrogations. Le dirigeant politique estime que, face aux assassinats, aux blessures, aux déplacements forcés et aux violences sexuelles qui touchent la population, les constats dressés dans les rapports doivent être accompagnés de réponses concrètes. Ses déclarations soulèvent ainsi la question du rôle du BINUH et, plus largement, de la communauté internationale dans la recherche de solutions à la crise sécuritaire et humanitaire en Haïti.



